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Excédés par la pollution de l’air, des Indonésiens attaquent leur gouvernement

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La pollution de l'air, bien visible à l'oeil nu, à Jakarta. | © EPA/MAST IRHAM

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Des habitants de Jakarta, en Indonésie, ont décidé de poursuivre leur gouvernement en justice qu’ils accusent d’inaction face à la pollution de l’air qui tue silencieusement.

 

Jakarta étouffe. À l’instar de plusieurs grandes villes asiatiques comme Pékin ou New Delhi, la capitale indonésienne ne présente qu’un ciel éternellement gris. Une brume toxique. La qualité de l’air dans la métropole de l’Asie du Sud-Est a fortement chuté au cours du dernier mois et a enregistré des conditions pires que celles de villes notoirement polluées telles que les capitales indienne et chinoise, rapporte The Guardian. Dans ce brouillard, des citoyens se mobilisent et poursuivent le gouvernement en justice pour le forcer à prendre ses responsabilités.

Les autorités ont « négligé le droit des citoyens à respirer un air sain », affirme l’avocat et plaintif Nelson Nikodemus Simamora. « Ils n’ont pas maintenu la qualité de l’air à un niveau suffisamment sain pour les 10 millions de personnes qui vivent ici. » 

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Selon CNN, le gouvernement a nié une baisse de la qualité de l’air autour de Jakarta l’an dernier et a appelé les médias à ne pas « dramatiser » la situation. Pourtant, les chiffres sont impressionnants. Le 25 juin dernier, l’indice de qualité de l’air y était à 240. Une semaine plus tard, le 2 juillet, il était encore à 185. Ces mesures sont extrêmes et considérées comme « malsaines », selon l’index Air Visual. À titre de comparaison, l’indice actuel de Bruxelles est de 65, tandis que celui d’Anvers est de 33.

Meurtrier silencieux

« Nous espérons que, grâce à cette poursuite, le gouvernement pourra améliorer les politiques existantes et prendre des mesures efficaces pour lutter contre la pollution de l’air, car les politiques actuelles ne fonctionnent pas », explique Ayu Eza Tiara, un avocat de l’Institut juridique de Jakarta, chargé du dossier. En décembre 2018, il avait déjà notifié le gouvernement du procès imminent, afin de donner aux responsables une chance d’améliorer la qualité de l’air. « Mais ils nous ont ignorés », accuse l’avocat. « C’est aussi une violation des droits humains car la pollution de l’air tue silencieusement. » 

D’après le rapport sur la Qualité de l’air dans le monde publié en avril dernier, la pollution de l’air est le cinquième facteur de risque de mortalité dans le monde. Elle provoque plus de décès que la malaria, les accidents de la route, la malnutrition ou l’alcool. Elle va amputer l’espérance de vie des enfants nés aujourd’hui dans le monde de 20 mois en moyenne. En Asie du Sud, les chiffres sont plus graves : une réduction de 30 mois car les enfants sont en contact avec un mélange d’air extérieur pollué et d’air nocif à domicile.

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