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La terre tremble toujours en Californie, dans l’attente du « Big one »

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San Francisco avait été détruite à 80% en 1906. | © Unsplash / Changyu Hu

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L’Ouest des États-Unis a encore une fois été victime d’un tremblement de terre, mais cette région habituée aux séismes attend « the Big One ».

 

La Californie a été secouée ce jeudi par un séisme de magnitude 6,4, le plus puissant dans la région depuis 20 ans. Selon les premiers bilans, aucune victime ou dégâts majeurs n’est à déplorer. La situation n’est pas surprenante pour les Californiens, habitués à ce genre d’activité sismique. Ils en ont connu beaucoup des tremblements de terre, dont le plus dévastateur était il y plus de 100 ans en arrière, en 1906 plus exactement.

Mercredi 18 avril 1906, 5h12. La ville de San Francisco est victime d’un séisme de magnitude 7,8 sur l’échelle de Richter. Bien qu’il ne soit pas le plus violent de toute l’histoire, ce tremblement de terre a provoqué beaucoup de dégâts, sachant que l’épicentre se situait à seulement 12 km de la ville. L’intensité était telle que les secousses ont également été ressenties à Los Angeles, à plus de 600 km au sud. Selon un article du Figaro (datant du 20 avril 1906), « trois minutes ont suffi pour anéantir tout un quartier – le plus riche – de San Francisco ». À l’époque, la ville était principalement constituée de maisons traditionnelles basses et en bois, mais également d’immeubles de 15 ou 20 étages. Le tremblement de terre a tout ravagé.

Au-delà du tremblement de terre, les incendies ont également participé à la démolition de la ville, et ont alourdi le bilan. Selon des dépêches d’Oakland datant du 19 avril, « il est absolument impossible d’arrêter les progrès du feu. Un grand nombre de personnes emprisonnées dans les maisons en flammes sont brûlées vives et il est impossible de les secourir ». Bien que le bilan officiel de l’époque était estimé à 478 morts, il a été revu à la hausse par la suite, parlant d’au moins 3 000 victimes. Sur une population de 400 000 habitants, entre 225 000 et 300 000 personnes se sont retrouvées sans toit, dans une ville détruite à 80 %, comme le relate Le Figaro.

Dans l’attente du Big One

Si vous avez la chance d’aller visiter cette région de l’Ouest des États-Unis, vous entendrez tous les habitants parler du « Big One », qu’ils attendent avec impatience et angoisse à la fois. Située entre les plaques tectoniques pacifique et nord-américaine, la Californie est une région à risque. La faille de San Andreas est d’ailleurs la cicatrice de ces frottements de plaques, longue de 1 300 km et large de 140. Concrètement, le « Big One » est attendu comme un tremblement de terre de magnitude 8, et « le sol se déplacera de 10 à 20 mètres » explique John Vidale, le directeur du Southern California Earthquake Center, à Slate. La faille de San Andreas étant une faille dite « décrochante », certains s’imaginent même que ce séisme monumental séparera une partie de la Californie du reste du continent.

Bien que cette fois-ci, le séisme d’hier n’a pas fait beaucoup de dégâts, cet incident relance les spéculations sur la fameuse question : Mais quand aura donc lieu le « Big One » ? Selon les géologues, il faudrait attendre 2032, mais rien n’est jamais sûr concernant les activités sismiques.

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