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La ville de Marseille doit faire face à un gros problème

Autorités de la ville, habitants, associations, vétérinaires sont un peu sans solution de fond par rapport à cette prolifération... | © Photo by Boris HORVAT / AFP

Environnement & Animaux

Abandonnés ou nés dans la rue, plusieurs dizaines de milliers de chats errants vivent à l’état sauvage dans la cité phocéenne et leur nombre augmente de jour en jour, une situation jugée « catastrophique » par des associations.


« Les chats sont autant vecteurs de maladie que les rats », alerte le président de la SPA Marseille, Xavier Bonnard, estimant qu’ils sont « plusieurs dizaines de milliers » à Marseille. « Les habitants, les gardiens, les syndicats de copropriétés… Tout le monde se plaint », explique à l’AFP Véronique Scarica, présidente de la Société protectrice des animaux maltraités et errants (SPAME).

Tous les matins, les chats, terrés dans les bosquets, attendent de pied ferme Nathalie, une « nourricière » du quartier des Chutes-Lavie, et son sac de croquettes. Entre les voitures et les joggeurs, ils viennent se nourrir sur un parking longeant le parc Longchamp, l’un des nombreux « points de nourrissage » de la ville. Quelques gamelles, un « mini-refuge » concocté de fils de fer, de bâches et de couvertures pour leur tenir chaud l’hiver, et le tour est joué. Ces points de nourrissage sont tenus par des « mères nourricières », un collectif qui vient en aide aux chats errants.

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A quelques kilomètres de là, dans le quartier des Thuileries, Christelle, qui nourrit 80 chats, déplore la situation. « En les nourrissant on entretien leur misère, mais on ne peut pas les laisser mourir. C’est une catastrophe ». Chaque mois, s’occuper des chats lui coûte « environ 400 euros de nourriture et entre 200 à 250 euros en stérilisation ». « Ce n’est pas à nous de devoir payer cela », s’indigne-t-elle. Un système gratuit de stérilisation est mis à la disposition des habitants par la ville de Marseille depuis un an et demi. Une chatte peut donner naissance à plusieurs dizaines de chatons dans sa vie.

A Marseille, les vétérinaires n’ont pas l’intention de s’attaquer seuls au problème des chats errants.©BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK

Aujourd’hui, les nourriciers doivent attraper les chats, prendre rendez-vous, déposer l’animal afin qu’ensuite il soit emmené à Trets, à une quarantaine de kilomètres de Marseille, pour enfin être opéré. Une démarche « compliquée » pour une personne qui travaille ou une personne âgée car il faut respecter les horaires et porter les cages, estime encore Christelle.

Faire appel aux vétérinaires de Marseille pourrait être la solution, soutiennent les associations. Chaque spécialiste s’occuperait ainsi d’un certains nombres de stérilisations car s’occuper seul des chats errants est « ingérable », selon le président de la SPA: « ça devient vite une usine à gaz ».

Jérusalem aussi touchée

Il y a près de 250 000 chats errants dans la ville sainte. © EPA/ABIR SULTAN

Marseille n’est pas l’unique cas de par le monde. Ainsi, au Proche-Orient, la ville de Jérusalem est ausi touchée par la profifération des chats errants. Une dizaine de chats se réveillent, apeurés, derrière les barreaux de cages posées les unes sur les autres dans une petite pièce à l’odeur âcre à Jérusalem, près d’une salle d’opération où deux vétérinaires opèrent à la chaîne pour les stériliser.

Dans les rues de la Ville sainte, la concentration de chats est parmi les plus élevées de la région, voire du monde, d’après les experts: Jérusalem en compte près de 2.000 au kilomètre carré, soit 240.000 chats pour une ville de plus de 900.000 habitants, estime Asaf Bril, chargé des services vétérinaires de Jérusalem. Or leur prolifération pose des problèmes environnementaux et menace l’écosystème dans l’agglomération, s’inquiètent les spécialistes.

Capturés dans les rues par des employés des services vétérinaires de la ville ou amenés par des habitants, plus d’une quinzaine de chats sont presque tous les jours stérilisés dans le centre vétérinaire municipal de Jérusalem. Mais les moyens et la main-d’oeuvre disponibles sont insuffisants, comme à Marseille, pour permettre de stabiliser la population des félins. Pour M. Bril, seule une campagne de stérilisation massive et rapide de 80% des chats errants en six mois pourrait permettre d’y parvenir.

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A Washington, on leur a trouvé un job

Une armée de gardiens à pattes de velours veille sur des dizaines de maisons et d’entreprises de Washington. Leur rétribution? Un bol de lait devrait leur suffire. Ces agents de l’ombre sont en réalité des chats errants récupérés dans les rues de la capitale américaine et leurs proies, la population exponentielle de rats et autres rongeurs.

Le programme Blue Collar Cats, lancé en 2017 dans le cadre de l’initiative Humane Rescue Alliance (HRA) par la ville, présente ces félins peu accoutumés à côtoyer des humains et qui ne feraient pas de bons animaux de compagnie comme une alternative écologique aux pièges et produits chimiques pour lutter contre cette infestation.

Avec Belga. 

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