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Climat : De l’Europe au pôle Nord, des nombreux records de chaleur en 2019

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Des températures jamais vues. | © jasper wilde/Unsplash

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L’année 2019 a déjà enregistré des canicules et des records de chaleur, de l’Europe au pôle Nord, avec un mois de juin record.

L’année 2019 est loin d’être terminée mais a déjà enregistré canicules et records de chaleur, de l’Europe au pôle Nord, événements cohérents avec les impacts du réchauffement climatique provoqué par les activités humaines. Les canicules à répétition sont un symptôme sans équivoque du réchauffement de la planète, même si les scientifiques sont souvent réticents à attribuer un évènement météo extrême spécifique quel qu’il soit au dérèglement climatique.

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Juin 2019 le mois le plus chaud

Juin 2019 a été le mois de juin le plus chaud jamais enregistré dans le monde, détrônant juin 2016. Ce record s’explique notamment par une canicule particulièrement exceptionnelle en Europe qui a subi une température d’environ 2°C supérieure à la normale, selon le service européen Corpernicus sur le changement climatique. L’Amérique du sud a également vécu son mois de juin le plus chaud, selon l’Agence atmosphérique américaine (NOAA).

Deux canicules en un mois

L’Europe a subi deux canicules en moins d’un mois, une première exceptionnellement précoce fin juin et une deuxième très intense en juillet. Lors du premier épisode, la France a pulvérisé son record absolu de chaleur avec 46°C mesurés le 28 juin à Vérargues, dans le sud. Le précédent était de 44,1°C en 2003. Lors du deuxième épisode qui se termine, les températures sont restées sous cette barre, mais la barre des 40°C, qui n’était franchie que de façon exceptionnelle en France il y a encore un demi-siècle, a été dépassée dans de nombreuses villes dont Paris qui a explosé son record (42,6°C, contre 40,4°C en 1947). De nombreux autres pays européens ont battu cette semaine, parfois plusieurs fois, leur record absolu, comme l’Allemagne (42,6°C), la Belgique (41,8°C) et les Pays-Bas (40,4°C).

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© redcharlie/Unsplash

« Depuis 2015, on voit des vagues de chaleur extrêmes qui se produisent tous les ans en Europe quelque part, soit en Europe du Sud, soit en Europe du Nord », a commenté Robert Vautard, climatologue au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement. Le chercheur et ses collègues du réseau World Weather Attribution avaient estimé début juillet que le réchauffement climatique avait rendu la canicule de juin en France « au moins cinq fois plus probable » que si l’homme n’avait pas altéré le climat. Ils doivent se pencher dans les jours qui viennent sur la canicule qui s’achève. Au premier semestre 2019, des canicules intenses ont également eu lieu en Australie, en Inde, au Pakistan et dans certaines zones du Moyen-Orient, selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), qui prédit d’autres épisodes pendant l’été de l’hémisphère nord.

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21°C à moins de 900 km du pôle Nord

Mi-juillet, le mercure a atteint 21°C à Alert, endroit habité le plus septentrional de la planète, à moins de 900 km du pôle Nord, établissant un « record absolu » de chaleur pour cette station. Le précédent record (20°C) remontait à juillet 1956 mais, depuis 2012, plusieurs journées comprises entre 19 et 20°C ont été enregistrées dans cette station sur le rivage de l’océan Arctique. Les quatre dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées sur la planète, selon l’ONU. 2018 s’était classée au 4e rang, avec une température moyenne à la surface du globe d’environ 1°C supérieure à l’époque pré-industrielle. Avec +1,2°C, l’année 2016, marquée par l’influence d’un puissant el Niño, est pour l’instant l’année la plus chaude, devant 2015 et 2017.

Selon la NOAA, pour 2019, la période de janvier-juin a été la deuxième la plus chaude de l’histoire des mesures, à égalité avec janvier-juin 2017 et devant janvier-juin 2016. « L’OMM estime que 2019 devrait être dans le top 5 des années les plus chaudes et que 2015-2019 sera la période consécutive de cinq ans la plus chaude jamais enregistrée », a indiqué dans un communiqué Johannes Cullmann, directeur du département Climat et Eau de l’organisation.

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