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Comme prévu, Bolsonaro détruit la forêt amazonienne de manière vertigineuse

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Image d'illustration. | © Unsplash / Justin Aikin.

Environnement & Animaux
Depuis sa prise de fonction en janvier dernier, le président populiste tient dur comme fer une de ses tristes promesses de campagne : revenir sur les lois protégeant « le poumon de la terre » et ouvrir celui-ci à une exploitation minière intensive. En pratiquement sept mois, le rythme de la déforestation en Amazonie a donc bondi de 39%, révèle le New York Times ce dimanche. 

 

Le dauphin rose, le ouistiti pygmée ou encore le singe araignée – pour ne citer qu’eux parmi les espèces menacées au sein de la toujours plus fragile Amazonie – faisaient la tronche le 28 octobre 2018, jour de l’élection de Jair Bolsonaro comme président du Brésil. Sept mois après son accession au pouvoir, nos amis les animaux constatent déjà les dégâts causés par le dirigeant d’extrême droite : la destruction de leur forêt, véritable « poumon de la planète », s’est intensifiée de manière inquiétante.

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Il le répétait encore la semaine dernière en dénoncant la « psychose environnementale » autour de l’Amazonie : Jair Bolsonaro, climato-sceptique notoire, ne croit pas que la forêt amazonienne ait besoin d’être protégée. Au contraire, le président brésilien pense que celle-ci devrait être exploitée autant que possible. C’était l’un de ses « mantras » en campagne et il semble que l’homme qui manie le populisme à outrance respecte son triste engagement.

Un bond de 80% rien que pour le mois de juin

Comme nous l’indque le New York Times dans une enquête fouillée, depuis janvier ce sont près de 3 500 km² de forêt amazonienne qui sont partis en fumée, de manière légale comme illégale. Il s’agit d’une augmentation de 39% par rapport à la même période en 2018. Rien que sur le mois de juin, qui marque le début d’une saison moins chaude et moins humide et donc plus propice au travail en forêt, la déforestation a bondi de 80% par rapport à l’année passée.


Alors que les années 90 avaient vu la déforestation piller l’Amazonie comme jamais auparavant, le défrichage sauvage avait diminué depuis 2004, notamment grâce aux politiques menées par le président Lula et sa ministre de l’Environnement Marina Silva. Il s’agit donc d’un tournant majeur pour les écosystèmes brésiliens mais aussi l’équilibre planétaire en matière de politique environnementale, la plus grande forêt du globe absorbant jusqu’à 14% du CO2 atmosphérique mondial.

Des indigènes menacés et une exploitation illégale en forte hausse

La faune et la flore ne sont pas les seules victimes du président brésilien, qui avait également promis vouloir réduire les zones allouées aux Indiens au profit des agriculteurs et des industriels. Pas plus tard que ce matin, on apprenait la mort d’un leader indigène après l’invasion d’un village reculé du nord du Brésil par des mineurs lourdement armés. Le gouvernement brésilien se montre même clément avec l’abattage forestier illégal. Ainsi, selon un calcul du NYT, le nombre de sanctions – amendes, avertissement, saisi du matériel, voire sa destruction – émises par la principale agence environnementale du Brésil a décru de près de 20 % dans les six premiers mois de l’année.

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Des membres de la tribu Waiapi, dans l’État d’Amapa, au Brésil, le 12 octobre 2017. © APU GOMES / AFP

Une grande partie de la déforestation risque de passer sous les radars des autorités, en toute impunité, rendant de plus en plus difficile une quantification précise de la destruction des ressources naturelles du pays, et de la biodiversité qui va avec. En mai dernier, huit anciens ministres de l’environnement du pays avaient appelé le président à revenir sur ses promesses. Des critiques balayées par l’intéressé, qui est allé jusqu’à qualifier de « mensonges » les données émises par son gouvernement concernant l’accélération de la déforestation.

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En 2018, les régions tropicales avaient perdu 12 millions d’hectares de forêts partout sur la planète, dont 3,6 millions de forêts tropicales primaires. Le désastre est en cours, et rien ne semble pouvoir l’arrêter.

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