Paris Match Belgique

Leo Not Happy, le héros masqué qui dénonce les déchets dans les rues bruxelloises

En 2016, un étudiant lance une page Facebook pour dénoncer la saleté des rues de Bruxelles. | © Facebook @Leo Not Happy

Environnement

« Leo Not Happy » est un collectif qui lutte contre l’insalubrité des rues de Bruxelles. Le 3 avril 2017, l’initiative a posté sur Facebook une photo révélant le geste incivique d’un citoyen. Le post a été largement commenté et partagé. 

Une photo dénonçant les déchets jetés sur la voie publique à Bruxelles fait beaucoup parler d’elle sur Facebook. Fondateur de « Leo Not Happy », un collectif qui vise à sensibiliser sur la saleté des rues bruxelloises, Adel Saebi raconte via un post Facebook le comportement d’un riverain qui l’a particulièrement interpellé. En trois jours, le témoignage a récolté plus de 7 000 likes et a été partagé près de 14 000 fois.

Lire aussi > Justice climatique : Klimaatzaak croise le fer avec les gouvernements belges

« Ramasse-le si t’es pas content sale merde »

« Le 3 avril 2017 à 16h05, rue des Myosotis à Uccle, je t’ai croisé, écrit Adel Saebi sur le réseau social. « À bord de ta grosse voiture blanche de marque allemande, tu as ouvert la vitre côté passager où une femme était assise pour jeter ta canette. J’ai crié, quasiment par réflexe, « Bravo » en t’applaudissant. Tu t’es arrêté et m’as dit « Ramasse-le si t’es pas content sale merde ». Tu ne le sais pas mais oui, je ramasse des déchets en rue ».

En effet, depuis mars 2016, Adel gère cette initiative citoyenne afin de sensibiliser ses concitoyens à la problématique des déchets. Depuis un an, « Leo Not Happy » organise cinq ramassages par an. « Le dernier évènement, qui a lieu en décembre, a réuni plus de 60 participants, et on a récolté environ 750 kg de déchets » se réjouit-il. Son prochain défi ? En organiser un par mois.

Léo pour Léonardo Di Caprio

Depuis quelques années, Adel est particulièrement sensible à la cause écologiste et désespéré face à la saleté de certains quartiers de la capitale. Après l’Oscar de Leonardo DiCaprio, connu pour être un fervent défenseur de l’environnement, le jeune Ucclois a une idée. Pour aborder le problème d’une manière ludique, il décide de créer un personnage, une petite boîte en carton au sourire sarcastique, qui porte le prénom de l’acteur.

Lire aussi > #CleanSeas : une campagne mondiale pour diminuer le plastique dans les océans

Très vite, la mascotte fait son effet et rassemble une communauté sur les réseaux sociaux. « J’ai voulu vraiment interpeller les gens sur cette thématique. On parle toujours de la fonte des glaces, mais c’est un aspect que l’on ne voit pas dans notre quotidien. Contrairement aux déchets. » décrypte l’instigateur. En plus des photos, la page Facebook partage également des documentaires, des vidéos, et des articles, notamment une étude de la fondation Ellen McArthur, selon laquelle les océans compteront plus de plastique que de poisson en 2050.

Ouvrir le dialogue

Dans aucun cas, Adel ne veut prendre un ton moralisateur. Il le rappelle d’ailleurs dans son post : « Je ne suis pas fâché contre toi, mais j’aimerais comprendre… À quel moment as-tu décidé que notre Terre était ta poubelle ? ». « Leo Not Happy » désire avant tout sensibiliser plutôt que d’incriminer.

Lire aussi > Les dix villes urbaines qui possèdent le plus d’espaces verts

« Si la ville est sale, beaucoup de personnes vont pointer du doigt la commune ou Bruxelles Propreté, mais tout le monde a sa part de responsabilité » insiste Adel. Ce dernier profite d’ailleurs du succès de la publication pour rallier les Bruxellois au prochain ramassage organisé par « Leo Not Happy » le samedi 22 avril dans le centre de Bruxelles. Le détritus ciblé pendant ce râteau ? Le mégot, qui représente aujourd’hui plus de 40% des déchets présents dans la mer.

Initiatives en Wallonie

Dans les provinces wallonnes, une chasse aux détritus dans les rues s’est aussi mise en marche. Quelque 250 tonnes, soit 43 000 sacs, de déchets sauvages ont été ramassés lors de la troisième édition du « Grand nettoyage de printemps » (dernier week-end de mars 2017) organisé par le ministre wallon de l’Environnement Carlo Di Antonio et la cellule Wallonie Plus Propre. 

L’opération de nettoyage du territoire wallon a rassemblé cette année plus de 70 000 citoyens, un ver(t)itable succès.

CIM Internet