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La déclaration de Lausanne signée par des centaines de jeunes européens pour le climat

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Greta Thunberg entourée d'autres jeunes militants et de deux membres du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (IPCC). | © FABRICE COFFRINI / AFP

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Venues des quatre coins d’Europe, des jeunes militants qui se rencontraient pour la première fois ont adopté une « déclaration » et des revendications communes.

Des jeunes militants européens pour le climat, du mouvement « Fridays for future », ont présenté vendredi leurs revendications communes pour limiter le réchauffement « en dessous de 1,5°C » à l’issue de cinq jours de débats à Lausanne avec 450 participants. C’était la première fois que ces adolescents et jeunes adultes, inspirés par l’exemple de la Suédoise Greta Thunberg, elle-même présente à Lausanne, et venus des quatre coins d’Europe – de l’Irlande à la Russie et de la Scandinavie à l’Espagne -, avaient l’occasion de se rencontrer et de discuter de l’avenir de leur mouvement.

Ils ont adopté par consensus une « déclaration climatique de Lausanne » et trois revendications communes : « assurer la justice climatique et l’équité », « maintenir la hausse de température mondiale en dessous de 1,5°C comparé aux niveaux pré-industriels » et « écouter la meilleure science actuellement disponible », selon un communiqué de presse. Pour ce dernier point, les jeunes militants font notamment référence aux experts du GIEC, qui ont livré jeudi un nouveau rapport sur l’Etat alarmant des sols.

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Ce document est « une déclaration non contraignante », précise le communiqué de presse, les jeunes présents lors de cette rencontre ne représentant pas leurs pays. « Atteindre un consensus est toujours difficile […] mais je pense que c’est complètement humain », a témoigné une des participantes, Maria, 17 ans, venue de Grèce, lors d’une conférence de presse. À l’issue de cette semaine, « nous sommes plus forts et unis qu’avant », a-t-elle estimé.

« La crise climatique ne connaît pas de frontière, et nous non plus. Ensemble, nous allons changer ce monde et le rendre meilleur. Pour nous et pour toutes les générations à venir », ont assuré les grévistes du climat dans leur Déclaration de Lausanne de 7 pages, indique RTS.

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Pourquoi les politiciens (payés) n’y parviennent-ils pas ?

Les jeunes activistes ont également prévu d’intensifier leur mobilisation, en programmant une nouvelle grève globale en septembre, comme celle de mars dernier, alors que se tiendra un sommet de l’Onu sur le sujet à New York. Face à l’urgence climatique, ils ne baissent pas les bras et redoublent d’efforts. Logistique, administratif, communication, sécurité, réseaux sociaux… Certains s’occupent de toute l’organisation d’une grève pour le climat. Conjuger tout cela avec les études crée beaucoup de stress, confient-ils au média suisse. « Ils se demandent donc pourquoi des jeunes comme eux sont capables de faire cela, alors que les politiciens qui sont payés pour s’occuper des affaires publiques n’y parviennent pas. »

L’encouragement de Jean-Pascal van Ypersele

Le climatologue belge Jean-Pascal van Ypersele, ancien vice-président du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), a encouragé ces jeunes, qui devaient manifester dans l’après-midi à Lausanne, à « continuer leur bon travail ». Sur La Première, le scientifique critique également l’inaction politique. « Les chiffres sont choquants et nous avons les moyens d’empêcher cela; qu’attend-on ? », s’insurge-t-il. « Le Giec avance des pistes et mais la volonté politique d’agir est insuffisante. » « La mobilisation en Belgique et en Europe montre que le public est très attentif à la manière dont le politique gère ces questions-là. Si des programmes tièdes sont annoncés, la population continuera de manifester. La détermination des jeunes est très grande et d’autres manifestations sont déjà planifiées pour l’an prochain », a encore ajouté le professeur actuellement à Lausanne pour le sommet des grèves du climat, rappelant l’appel à la mobilisation générale du 20 septembre. « Il est grand temps de se réveiller et de mettre en oeuvre les pistes proposées par le Giec. »

Avec Belga

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