Paris Match Belgique

Le Japon envisage très sérieusement de déverser l’eau contaminée de Fukushima dans le Pacifique

fukushima

Des réservoirs de stockage d'eau contaminée, à Fukushima, en juillet 2018. | © Kimimasa MAYAMA / POOL / AFP

Environnement & Animaux

Il n’y aura bientôt plus d’espace pour stocker les eaux contaminées de Fukushima. Le Japon envisage alors plusieurs solutions, donc leur rejet dans l’océan Pacifique. Une option qui horrifie son voisin sud-coréen.

 

Plus de huit ans après le terrible accident nucléaire de Fukushima, les autorités japonaises ne savent toujours pas que faire de l’eau contaminée. Depuis la catastrophe suite au tsunami de 2011, plus d’un million de tonnes de cette eau radioactive ont été entreposées dans près de 1 000 réservoirs en acier. Mais, ce vendredi 9 août, la société qui gère cet épineux stockage Tokyo Electric Power Company (Tepco) a annoncé qu’elle ne pourra plus en accueillir davantage d’ici trois ans.

Une course contre la montre est dorénavant lancée au Japon. Pour éviter un tel scénario, un groupe d’experts mandatés par le gouvernement nippon a délivré plusieurs options, dont l’injection souterraine ou encore la vaporisation de l’eau radioactive. Des solutions coûteuses, mais aussi dangereuses selon les anti-nucléaires. Pour les experts, parmi lesquels des membres de l’Agence internationale de l’énergie atomique, il existe une seule « option réaliste », indique RFI : le rejet « contrôlé » de l’eau dans l’océan Pacifique.

Lire aussi > Le Japon et la Corée du Sud vivent leur propre guerre commerciale

Les pêcheurs et les habitants de Fukushima s’y opposent fermement, craignant que cette option soit un suicide pour l’agriculture et la pêche locale. Déjà évoquée à plusieurs reprises depuis l’accident nucléaire, cette perspective n’enchante pas non plus la Corée du Sud, à l’heure où les deux voisins sont en pleine guerre commerciale.

« Une fois que cette eau contaminée et ce tritium seront dans l’océan, ils suivront les courants marins et se retrouveront partout, y compris dans la mer à l’est de la Corée », redoute Chang Mari, représentante de l’ONG Greenpeace en Corée, à l’antenne de RFI, soulignant que cette option est « la plus rapide » et « la moins chère ». « On estime qu’il faudra attendre 17 ans pour que cette contamination radioactive soit assez diluée pour atteindre un niveau sûr. Les Coréens sont très inquiets. Nous avons besoin du soutien de la communauté internationale pour stopper le gouvernement japonais. C’est un problème qui concerne le monde entier. »

L’organisation de protection de l’environnement accuse le gouvernement japonais d’un manque de transparence sur les risques liés à la radioactivité du site de Fukushima, tandis que Séoul critique Tokyo pour son manque de transparence concernant ce million de tonnes d’eau radioactive qui menace ses côtes.

Lire aussi > Fukushima : La joie retrouvée des baigneurs huit ans après la catastrophe nucléaire [PHOTOS]

Autre option : Repousser

À la suite de la catastrophe nucléaire, de l’eau radioactive a fui d’un réacteur endommagé et s’est mélangée à l’eau des nappes phréatiques situées sous la centrale de Fukushima. Bien qu’elle soit traitée, elle reste légèrement radioactive.

Selon Le Monde, les experts ont avancé une autre option, qui est celle de stocker cette eau contaminée à long terme. Dans le cas où un consensus ne peut être atteint dans un délai relativement court, plusieurs experts incitent Tepco à sécuriser un périmètre supplémentaire pour construire plus de réservoirs.

CIM Internet