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Les girafes sont en voie d’extinction (et tout le monde s’en fout)

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Avec son pelage tacheté, ses longues pattes et son cou, la girafe a reçu le nom latin de "camelopardalis", qui veut dire chameau-léopard. | © Unsplash / David Clode

Environnement & Animaux

L’espèce se fait de plus en plus rares sur le continent africain.

 

En Afrique, la population des girafes a diminué de 40% en 30 ans. Un chiffre alarmant qui risque d’augmenter dans les années à venir, s’inquiètent les chercheurs face à ce qu’ils appellent « l’extinction silencieuse » du mammifère à long cou.

Aujourd’hui, il ne reste sur le continent africain plus que 98 000 individus, rapporte l’AFP ce vendredi, citant les chiffres de l’union internationale pour la protection de la nature (IUCN). En Somalie, comme au Soudan du Sud, en République démocratique du Congo ou en Centrafrique, les conflits favorisent le braconnage et rendent quasi-impossible toute tentative d’étudier et protéger les girafes, déplore l’ONG.

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À l’Est du continent, la girafe réticulée – l’une des quatre grandes espèces de girafe – a perdu quelque 60% de ses individus tandis que la girafe nubienne a connu une baisse tragique de 97%. En Afrique centrale, la girafe du Kordofan a vu sa population diminuer de 85%. Heureusement, l’Afrique australe est la dernière à observer certaines hausses du nombre de girafes.

girafe afrique
La population de ces mammifères a diminué de quelque 40% entre 1985 et 2015. © Unsplash / Pawe Czerwinski

Et tout le monde s’en fout

Mais si l’on parle d’extinction « silencieuse », c’est bien parce qu’historiquement, la girafe semble avoir suscité peu d’intérêt, tant chez les chercheurs qu’auprès du grand public. « La girafe est un grand animal que l’on voit assez facilement dans les parcs et réserves, ce qui a pu donner la fausse impression que tout allait bien », estime auprès de l’AFP Julian Fennessy, co-président du groupe de spécialistes de l’IUCN pour les girafes et okapis.

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En effet, la première recherche de longue durée sur les girafes ne date que de 2004, souligne Arthur Muneza, de la Fondation pour la préservation de la girafe. Résultat : « Les scientifiques en savent très peu sur le comportement des girafes, ce qui n’arrange rien : leur mode de vie, l’espace dont elles ont besoin pour survivre, les lieux où elles évoluent et les raisons de la longueur de leur cou », regrette de son côté National Geographic.

En septembre 2016, indique l’AFP, une étude scientifique a montré qu’il y avait quatre espèces distinctes de girafes – et non une seule séparée en neuf sous-espèces, comme on le pensait jusque-là. Une taxonomie qui, si elle est reconnue, pourrait favoriser la mise en place de mesures de protection spécifiques.

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