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Pires qu’en Amazonie, les incendies ravagent (aussi) l’Afrique subsaharienne

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Une zone brûlée après le passage des flammes, près de Novo Progresso, dans le nord du Brésil. | © Joao Laet / AFP

Environnement & Animaux

Pendant que les feux de forêt en Amazonie provoquent une vive inquiétude internationale, l’Afrique subsaharienne brûle. Et c’est encore pire qu’en Amérique du Sud, selon la carte des incendies en temps réel de la Nasa.

 

Les feux de forêt en Amazonie inquiètent. Après deux semaines d’indifférence, les dirigeants élèvent leur voix pour sauver le « poumon de la planète » – une expression scientifiquement incorrecte, puisqu’elle produit moins d’oxygène que les océans. À l’issue d’une session du sommet du G7 consacrée à l’environnement, ils ont promis quelques initiatives, dont des avions bombardiers d’eau, pour lutter contre ces violents incendies qui ont déjà ravagé de centaines de milliers d’hectares à travers plusieurs pays d’Amérique du Sud. Sous la pression internationale, le président brésilien Bolsonaro, critiqué pour son inaction, a fini par autoriser dimanche l’envoi de deux avions C-130 Hercules, capables de transporter 12 000 litres d’eau, pour venir à bout des flammes. Mais, comme en Sibérie plus tôt cet été, les feux géants sont compliqués à éteindre, surtout en l’absence de pluie.

Si le phénomène est récurrent en Amazonie, il semble être en augmentation cette année. Depuis janvier, 78 383 incendies ont été enregistrés au Brésil, dont plus de la moitié situés dans la forêt amazonienne, selon les dernières données officielles. Soit un record depuis 2013. Les experts indiquent qu’ils sont essentiellement dus à la déforestation, aggravée par la saison sèche qui se poursuivra en septembre. Selon l’Institut national brésilien de recherche spatiale, la déforestation en juillet avait été quasiment quatre fois supérieure à ce qu’elle avait été au même mois de 2018. Des chiffres forcément inquiétants et choquants, même si l’Amérique du Sud n’est pas la seule région de la planète touchée par d’importants feux de forêts.

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Plus nombreux et plus denses en Afrique

L’Indonésie brûle, elle aussi. Pire encore : l’Afrique subsaharienne. Une carte des incendies en temps réel de la Nasa, repérée par la RTBF, permet de visualiser la gravité de la situation. Dans cette région du continent africain, les feux de forêt sont plus nombreux et plus denses qu’en Amazonie. L’Angola, la Zambie, la Tanzanie et Madagascar sont les pays les plus exposés, tout comme la République Démocratique du Congo. Depuis le début de l’année, ce dernier a comptabilisé le plus de départs de feu dans le monde, avec près de 2 millions d’alertes selon les chiffres du Global Forest Watch Fires. Contre 656 675 alertes pour le Brésil, qui décroche (seulement) la cinquième place des pays les plus touchés après la Russie, l’Angola et l’Australie.

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Un phénomène régulier

« Les incendies en Afrique subsaharienne représentent environ 70 % de la superficie brûlée dans le monde », rapporte la RTBF. Ils sont pourtant loin de faire la une des journaux, qu’ils soient locaux ou internationaux. Peu d’images circulent sur les réseaux sociaux. Mais pourquoi un tel silence ? Si personne ne semble s’alarmer, c’est en partie parce que cette situation est relativement habituelle. Comme l’explique la NASA, ces incendies résultent en grande partie d’une pratique agricole : la culture sur brûlis. Une technique peu coûteuse qui consiste à mettre le feu à du bois coupé, puis à laisser reposer les cendres sur le sol pour le rendre plus fertile. Problèmes : cette pratique se révèle parfois incontrôlable et génératrice d’importants nuages de fumées, nocifs pour la qualité de l’air et donc pour la santé des habitants. Selon un article de l’Agence spatiale européenne datant de février dernier, ces incendies représentent à eux seuls 25 à 35% des émissions annuelles totales de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Et cette année, ils ont commencé très tôt : au moins depuis dès le mois de mai, selon les observations de la Nasa rapportées par FranceInfo. Ce qui rendles feux africains encore plus inquiétants.

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