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En Amazonie brésilienne, la déforestation alimentée par la violence des mafias et l’impunité

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La déforestation dans l'État de Mato Grosso, centre-ouest du Brésil. | © AFP PHOTO / Mato Grosso State Communication Department / Mayke TOSCANO

Environnement & Animaux

Dans son nouveau rapport, l’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch dénonce « les réseaux criminels qui emploient la violence et l’intimidation » contre les défenseurs de l’environnement, et interpelle le président brésilien.

Le gouvernement brésilien « échoue » à protéger les défenseurs de l’environnement victimes de violences de la part de réseaux mafieux qui détruisent l’Amazonie, accuse l’ONG Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié mardi. L’impunité et l’allègement des contrôles environnementaux contribuent également à la déforestation de la plus grande forêt tropicale du monde, ajoute l’ONG dans ce rapport publié à Sao Paulo (sud-est) intitulé « les mafias de la forêt tropicale ».

La déforestation de l’Amazonie brésilienne a quasiment doublé entre janvier et août, à 6 404 km2 contre 3 337 km2 lors de la même période de 2018 – soit l’équivalent de 640 000 terrains de football. La destruction de l’Amazonie « est menée en grande part par des réseaux criminels qui emploient la violence et l’intimidation contre ceux qui se mettent en travers de leur chemin », accuse HRW.

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L’organisation de défense des droits de l’Homme demande au président d’extrême droite Jair Bolsonaro d’arrêter « ses attaques verbales et accusations sans fondement » contre les ONG et de « rétablir la coopération » entre le gouvernement et la société civile pour protéger les indigènes, les défenseurs de l’environnement et la forêt. « Les réseaux criminels ont la capacité logistique de coordonner la coupe, le débitage et la vente de bois à une large échelle et emploient des hommes armés pour intimider, et dans certains cas exécuter, ceux qui essaient de défendre la forêt », poursuit HRW.

Un danger pour les défenseurs de l’environnement

Le Brésil est le 4e pays pour les assassinats de défenseurs de l’environnement, selon les statistiques publiées en juillet par l’ONG Global Witness qui a comptabilisé 20 morts en 2018. Ce phénomène n’est pas nouveau, et HRW rappelle l’élimination, en 1988, de Chico Mendes, l’une des voix les plus connues à l’étranger de défenseurs de l’environnement. Mais HRW énumère 28 assassinats ces dernières années dont les responsables peuvent « selon des preuves solides » être impliqués dans les coupes illégales de bois.

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« Les responsables de violences sont rarement appelés devant la justice », déplore HRW, et dans de très nombreux cas, les dénonciations de menaces ne font l’objet d’aucune enquête. « Tant que le Brésil n’adoptera pas de mesures urgentes contre la violence qui facilite le coupe illégale de bois, la destruction de la plus grande forêt tropicale du monde sera effrénée », a dit Daniel Wilkinson, directeur des droits de l’Homme et de l’environnement de HRW.

HRW s’alarme aussi du fait que le président Jair Bolsonaro a nommé Ernesto Araujo chef de la diplomatie, un ministre affirmant que le changement climatique est « une manoeuvre mondialiste », qu’il a également menacé de retirer son pays de l’Accord de Paris sur le climat et a réduit le budget du ministère de l’Environnement.

Avec Belga

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