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Ne tuez plus les araignées, remerciez-les

araignées

Image d'illustration. | © Pexels / Rawpixels.com

Environnement & Animaux

On va vous le répéter chaque année.

Dès la fin de l’été et jusqu’au terme de l’automne, les araignées font leur grand retour dans les coins des armoires et près des siphons de baignoires. Nichées dans nos maisons, elles crapahutent le long des murs à la recherche d’un·e partenaire avec qui elles pourront satisfaire leurs besoins de reproduction.

Mais si leur discrétion et leur inoffensivité devraient suffire à ne pas nous déranger, leurs huit pattes – parfois velues – ne sont hélas pas toujours les bienvenues. Un constat que déplore, cette année encore, les entomologistes et autres défenseurs de la biodiversité. Comme l’Américain Matt Bertone qui dans les colonnes du Time, rappelle pourquoi il ne faut (décidément) pas tuer les araignées que l’on voit chez soi.

Gratitude absolue

Les arachnologues sont unanimes : l’araignée est indispensable pour la biodiversité. Dans un écosystème composé de petites proies, elle fait partie des plus grands prédateurs en capturant plusieurs millions d’insectes par an. Parmi les araignées qui s’incrustent dans nos foyers, « certaines y sont accidentellement piégées et d’autres ne sont que des visiteurs à court terme », explique l’expert de l’université de Caroline du Nord. « La plupart apprécient s’immiscer dans nos intérieurs car elles sont à l’abri et peuvent se reproduire plus facilement. Particulièrement discrètes, la majorité des araignées que l’on rencontre chez soi sont ni agressives, ni dangereuses », poursuit-il.

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Sur base d’une enquête menée dans une cinquantaine de maisons en Caroline du Nord, Matt Bertone précise que les espèces les plus communes sont les araignées de la famille des Theridiidae et les araignées de cave. Inoffensives, ces espèces continuent pourtant de subir le même sort injuste et cruel : écrasées dans un mouchoir ou étouffées dans un sac d’aspirateur. Or, plutôt que de les tuer, on devrait surtout les remercier. « Les araignées domestiques nous rendent de précieux services », explique Matt Bertone. « Elles capturent régulièrement des parasites nuisibles et même des insectes vecteurs de maladies, comme les moustiques dans certains pays. Tuer une araignée prive donc votre intérieur d’un indispensable prédateur. » Grâce à leurs toiles d’araignées, elles jouent un rôle primordial dans la chaîne alimentaire terrestre, se nourrissant de petites proies et parfois même de leurs congénères.

araignées domestiques
Grâce à leurs toiles d’araignées, elles jouent un rôle primordial dans la chaîne alimentaire terrestre, se nourrissant de petites proies et parfois même de leurs congénères. © Pexels / Pixabay

Vivre et laisser vivre

S’il est « naturel d’avoir peur des araignées », rappelle le scientifique qui ne nie pas leurs occasionnelles morsures, leur venin demeure rarement dangereux. « Les araignées ne cherchent pas à vous attaquer et préfèrent au contraire éviter les humains ; nous leurs sommes beaucoup plus dangereux que l’inverse », conclut-il, invitant les plus phobiques à raccompagner leurs invitées à la porte. « Si vous ne supportez vraiment pas leur présence, tâchez de les capturer dans un récipient et de les remettre à l’extérieur, elles finiront par trouver un autre endroit où s’abriter. » Pour les autres, sachez qu’il est normal d’avoir des araignées chez soi. « Et très franchement, même si vous ne les voyez pas, elles seront toujours là », insiste-t-il. Alors, pourquoi ne pas tenter l’approche du « vivre et laisser vivre » ?

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