Paris Match Belgique

« Stop aux dérives de la chasse » : Plus de cinquante associations flinguent les chasseurs aux pratiques immorales

chasse

Image d'illustration. | © Unsplash/Sebastian Pociecha

Environnement & Animaux

En ce 1er octobre, jour d’ouverture de la chasse en Wallonie, Inter-Environnement Wallonie pointe du doigt les dérives de cette pratique et réclame la limitation de son impact sur la biodiversité et nos forêts.

La chasse est ouverte en Wallonie, et cela ne plait pas à tout le monde. La veille, les Belges apprenaient la mort de la louve Naya, la première à établir son territoire chez nous depuis près de 100 ans. « Une honte pour la Belgique », selon WWF, qui rappelle que le loup est une espèce protégée en Europe depuis 1979. Cette terrible nouvelle illustre l’une des pratiques déviantes de la chasse , dénoncées par une cinquantaine d’associations dans leur appel « Stop aux dérives de la chasse ». Selon la coalition, qui ne s’oppose pas à tout type de chasse, ces dernières impactent la biodiversité et nos forêts, infligent des souffrances inutiles aux animaux sauvages et restreignent l’accès à la forêt à ses multiples utilisateurs.

Au micro de la RTBF, Lionel Delvaux, chargé de mission et coordinateur à la Fédération Inter-Environnement Wallonie, explique que le chasseur ne joue plus son rôle de régulateur des populations d’animaux sauvages. « Son intérêt est plutôt de maintenir des populations importantes pour chaque année avoir davantage d’animaux à tirer. » Résultat : les densités de sangliers ou de cervidés, entretenues par le nourrissage artificiel, empêchent la régénération de plus de 40% de la surface des forêts wallonnes.

Lire aussi > Chasse aux chasseurs : Les Belges opposés à cette pratique « d’un autre âge »

Si des chasseurs ont bel et bien des pratiques éthiques, d’autres, très nombreux, ont des pratiques immorales et inacceptables. « La plupart des animaux tirés en plaine sont des animaux d’élevage, lâchés dans des milieux inhospitaliers, quelques semaines avant, voire le jour de la chasse pour garantir le seul plaisir du chasseur », dénonce Lionel Delvaux sur le site de la fédération. « En outre, ces chasseurs piègent et tuent les petits prédateurs de ‘leur’ gibier ».

Les associations réclament l’encadrement, voire l’interdiction, du nourrisage artificiel, utilisé pour maintenir des populations importantes, ainsi que la réduction conséquente du nombre de chasses en battue à cor et à cri. Cette technique génère beaucoup de souffrance animale, explique Lionel Delvaux, « parce qu’il y a beaucoup d’animaux blessés, notamment parce que le chasseur ne va pas pouvoir les tirer dans de bonnes conditions ».  À la place, il suggère un mode de chasse plus doux, « la battue silencieuse », qui permet de mieux cibler les animaux et d’éviter la souffrance inutile de notre faune sauvage.

Pétition

La coalition d’associations invite les citoyens à signer sa pétition pour interpeller le Gouvernement wallon sur les dérives de ce loisir qui s’exerce au détriment de la biodiversité, de l’éthique, du bien-être animal et du vivre ensemble dans nos campagnes. « Chaque année, des centaines de milliers d’animaux meurent du fait de la chasse dont une bonne partie dans d’inutiles et atroces souffrances. Nous ne pouvons plus tolérer cette maltraitance de la faune sauvage, peut-on lire dans cette pétition. Exigeons que le gouvernement mette fin aux dérives de la chasse qui déstabilisent l’ensemble des écosystèmes en mettant en oeuvre les dispositions législatives nécessaires pour réformer la chasse en profondeur en la mettant en concordance avec notre époque et les aspirations de la majorité des citoyens qui ne comprend plus que le bien-être animal ne soit pas mieux pris en compte ».

CIM Internet