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Le plastique n’a pas de limites et pollue même une petite île perdue au milieu de l’Atlantique

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Île Inaccessible, se situant au sud de l'Atlantique. | © Flickr / Brian Gratwicke

Environnement & Animaux

Située au milieu de nulle part, dans l’océan Atlantique sud, l’île Inaccessible est aussi victime de pollution plastique. Ces déchets viendraient probablement de navires marchands chinois.

 

De par ses falaises abruptes et la difficulté d’y accoster, cette petite île de l’archipel Tristan da Cunha a été nommée « l’île Inaccessible ». Même si elle est difficilement accessible par l’Homme, il semblerait que la pollution ne trouve pas de limites. Des scientifiques de l’Université du Cap (UCT), en Afrique du Sud, font ce constat affolant. Ils précisent que le plastique ne provient pas de la terre, mais bien des navires qui déversent leurs déchets dans la mer, violant ainsi le droit international.

« Il est essentiel de comprendre d’où viennent les détritus pour savoir comment résoudre le problème », explique un article de l’Université du Cap. « Des études récentes sur les déchets dans le Pacifique Nord et dans les îles éloignées de l’océan Pacifique montrent que les engins de pêche et autres équipements liés au transport maritime représentent une grande partie de la masse de plastique en mer », explique Peter Ryan, professeur à l’UCT et expert en plastiques marins qui a dirigé les recherches.

Bien qu’elle soit située à 2 500 kilomètres du continent africain, l’île Inaccessible a ses rives jonchées de détritus plastique, dont environ un tiers de bouteilles. « Grâce » à ces bouteilles en plastique, Peter Ryan explique pouvoir remonter à la date de fabrication et au lieu d’origine. La présence d’animaux marins sur les bouteilles est également un indicateur utilisé par les scientifiques pour estimer la durée de leur présence dans l’océan.

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« Lorsque nous avons visité l’île pour la première fois [ndlr, dans les années 80], la plupart des déchets avaient dérivé depuis l’Amérique du Sud, située à 3 000 kilomètres », confie Peter Ryan. « En 2009, l’Asie surpassait l’Amérique du Sud comme principale source de bouteilles, et en 2018, 74% des bouteilles venaient d’Asie. » Durant leur séjour de 3 mois sur l’île, les scientifiques ont constaté que les deux tiers des bouteilles en plastique qui arrivaient sur l’île provenaient de Chine. Ces bouteilles avaient été fabriquées un ou deux ans auparavant, alors qu’il en faudrait plus de quatre pour qu’elles dérivent depuis l’Asie jusqu’à l’île. C’est pourquoi les scientifiques soupçonnent que des navires déversent directement leurs déchets dans l’Océan, bien que cela soit interdit depuis 1989 par la Convention internationale pour la prévention de la pollution marine par les navires.

Chaque année, plus de 2 400 navires commerciaux font la liaison entre l’Asie et l’Amérique du Sud, en passant par l’archipel de Tristan da Cunha. Les scientifiques demandent plus de vigilance aux navires, et que les déchets soient jetés une fois arrivé à destination, et non pas dans l’océan.

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