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En Belgique, des entreprises organisent des safaris de chasse

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En Afrique du Sud, une lionne élevée pour être tuée. | © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Environnement & Animaux

En Belgique aussi, des entreprises tirent des bénéfices de la chasse aux animaux sauvages. Animal Rights exige l’interdiction de ces voyages.

 

Fusils à la main, des personnes posent fièrement à côté de leurs « trophées », des cadavres d’animaux sauvages qu’ils viennent d’abattre… pour le plaisir. Ces images de safaris de chasse sont connues, et créent, à chaque publication, l’indignation sur les réseaux sociaux. Scandaleuse, cette pratique est pourtant bien légale dans un certain cadre et à condition d’y mettre le prix. Plus l’animal est menacé, plus le coût sera élevé. C’est pourquoi ces safari de chasse s’adresse à une clientèle richissime, venant en très grande majorité des États-Unis. Mais ce type de voyage est également proposé par des entreprises belges. Ceux-ci ont lieu en Europe, en Amérique, en Russie mais aussi, et surtout, en Afrique.

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Sur les réseaux sociaux, les trophées sont exhibés : hyènes mortes, ours, léopards, éléphants, lions, girafes, zèbres et bien d’autres encore. Les chasseurs de trophées tirent sur tous les animaux qu’ils peuvent afin d’ensuite poser avec leurs cadavres. « Ces photos sont nauséabondes. Des animaux sont tués et des parties de leur corps finissent comme un trophée », dénonce l’association Animal Rights, qui exige mardi l’interdiction d’organiser de tels voyages. « Nous ne pouvons plus accepter que les gens tirent des bénéfices de la chasse aux animaux », fustige-t-elle.

Moins de 2000 € pour une girafe et six impalas

Dans l’une des annonces citées par l’association, une entreprise propose « une offre exceptionnelle » : en Namibie, un trophée éléphant est proposé à un prix réduit, en raison d’une annulation de dernière minute. Une autre annonce propose un voyage tout compris de 8 jours en Afrique du Sud pour tuer buffle, antilope et girafe, au prix de 12 500€. Pour tuer une girafe et six impalas lors d’un voyage de quatre jours, le chasseur devra débourser seulement 1 790€. « Mettre la vie d’un animal en vente dépasse de loin les limites de la décence. Il est incompréhensible que les entreprises belges puissent en tirer profit », dénonce Rowena Vanroy, coordinatrice de la campagne Animal Rights.

Les chasseurs peuvent également participer à des compétitions. Ils doivent alors tuer une certaine liste d’animaux sauvages pour pouvoir prétendre à un titre. Comme par exemple, le titre de « Big Five Grand Slam africain » pour lequel un éléphant, un lion, un rhinocéros, un léopard et un buffle doivent être abattus. Des agences de voyage belges proposent également ce type d’expédition. « Pour respectivement 13 000 et 9 000 euros, vous pouvez participer au Gnou Grand Slam ou à l’Impala Grand Slam. Compris dans cette offre, l’hébergement de luxe, bien sûr, pour se détendre après une journée de meurtre épuisante », ironise l’association flamande. Encore plus contestable, il existe aussi des « ranchs » où des animaux sauvages sont élevés afin servir de gibier aux amateurs de trophées.

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Vu les sommes colossales en jeu, il est clair que la chasse aux trophées est une source financière non négligeable pour les pays concernés. C’est pourquoi, selon l’association, certains organisateurs de safari-chasse et certains pays, comme l’Afrique du Sud, font pression pour que les restrictions soient aussi basses. Pour se justifier, les pays qui autorisent ces pratiques avancent le même argument : l’argent récolté aiderait à la protection des espèces. Pour Animal Rights, « la façon dont les tour-opérateurs promeuvent les animaux montre cependant ce qui compte vraiment. Les animaux encore en vie à cette époque sont décrits comme des objets et vendus comme ‘super promo’ […] Les considérations éthiques sont rejetées pour l’argent et le plaisir des riches amateurs de chasse. »

Interdiction

L’association de protection des droits animaliers flamande avait précédemment déjà demandé à la ministre compétente, Marie Christine Marghem (MR), d’interdire l’importation de trophées de chasse en Belgique. Elle espère à présent que l’organisation-même de ces expéditions par des entreprises belges puisse être interdite. Elle appelle en outre l’association flamande des agences de voyages à exclure ses membres qui proposeraient de telles expéditions. Une manifestation sur ce thème aura lieu vendredi à 13h00 sur la Groenplaats à Anvers.

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