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On sait comment les derniers mammouths ont disparu

Mammouth

Les mammouths pesaient en moyenne entre 6 et 8 tonnes. | © Pixabay / Michi-Nordlicht

Environnement & Animaux

Les tout derniers mammouths se sont éteint il y a presque 4 000 ans, sur l’île Wrangel, au nord de la Sibérie. Selon de nouvelles informations, leur extinction aurait été très rapide contrairement aux mammouths continentaux.

 

Animal emblématique de l’ère glaciaire, le mammouth est éteint depuis presque 4 000 ans, sans que l’on ait trop de détails sur sa disparition. Alors que les mammouths du continent sont morts il y a 13 000 ans en Alaska et 11 000 ans dans les plaines de Sibérie, les tout derniers mammouths ont disparu sur l’île Wrangel au nord de la Sibérie bien longtemps après, entre 5 700 et 1 700 av. J.-C. Une nouvelle étude – publiée par des chercheurs des universités d’Helsinki (Finlande) et de Tubingue (Allemagne), et de l’Académie des Sciences russe – conclue que leur extinction a été très soudaine, contrairement aux mammouths du continent.

Peu d’informations étaient connues sur les raisons de la disparition du mammouth laineux, largement présent entre 100 000 et 15 000 ans avant notre ère. Ce que l’on savait, comme le rappelle Futura Sciences, c’est que le réchauffement survenu il y a 15 000 ans a considérablement réduit l’habitat du mammouth. Autrefois reliée au continent, l’île Wrangel a été séparée de la Sibérie il y a environ 10 000 ans avec la montée des eaux, isolant ainsi du continent les derniers mammouths.

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Le territoire du mammouth laineux correspond à la zone marron. L’île Wrangel est l’étoile rouge au Nord. © Laura Arppe et al, Quaternary Science Reviews, 2019.

Une extinction très rapide pour les derniers mammouths de l’île Wrangel

L’étude, publiée dans la revue Quaternary Science Reviews, démontre que l’extinction des mammouths a été rapide, rejetant ainsi certaines théories. Les scientifiques ont comparé des échantillons avec d’anciennes études sur les mammouths du continent, et ils ont découvert que leur composition n’avait pas changé, ce qui suggère que le réchauffement climatique ou qu’une pénurie sur du long terme ne sont pas liés à leur mort. « Les mammouths de l’île Wrangel ont continué à bénéficier des conditions favorables jusqu’à leur extinction », indiquent les chercheurs.

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En revanche, les scientifiques ont trouvé un niveau de soufre élevé, ce qui pourrait indiquer que les mammouths auraient été empoisonnés par l’eau. Autre hypothèse, les derniers mammouths n’auraient pas survécu à un hiver trop rigoureux, les privant de nourriture. « Il est facile d’imaginer que la population, peut-être déjà affaiblie par des problèmes de détérioration génétique et de qualité de l’eau, aurait succombé après un événement climatique extrême », explique Hervé Bocherens, coauteur de l’étude, dans des propos repris par Science Daily.

Bien que l’intervention de l’Homme et de la chasse ne puisse pas être exclue, les chances qu’elle soit la raison de leur extinction sont très faibles. Les premières traces humaines sur l’île Wrangel datent de centaines d’années après les derniers ossements de mammouths.

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