Paris Match Belgique

Pourquoi vos animaux de compagnie sont un désastre écologique et comment faire pour y remédier

Unsplash / Paul Hanaoka

Environnement & Animaux

Ils sont partout, dans nos rue, nos maisons, et même sur Internet. Ils demeurent les grandes stars de nos foyers et des vidéos humoristiques sur Youtube. Pourtant, vos amis à quatre pattes représentent aussi une petite catastrophe pour la planète. Alors, peut-on être écolo et avoir un animal de compagnie ?

 

Une personne sur deux possède un animal de compagnie

Alors que la prise de conscience évolue concernant l’avenir de notre planète, de nouveaux questionnements se posent quant à notre façon de réduire notre empreinte carbone. Peut-être n’aviez-vous jamais envisagé votre animal de compagnie sous l’angle de ses conséquences environnementales ? Pourtant, une étude GfK (Gesellschaft für Konsumforschung, « société pour la recherche sur la consommation ») menée dans 22 pays révèle que 56% des habitants de la planète vivent avec au moins un animal à la maison. Au total, ce chiffre signifierait qu’il y aurait au moins 800 millions d’animaux de compagnie dans le monde.

L’impact environnemental annuel de tous ces animaux représente au total 396 millions d’hectares. Un compteur en ligne se propose d’ailleurs de calculer l’impact écologique des animaux domestiques dans le monde en temps réel.

En moyenne, cela donne :

  • Empreinte écologique d’un chat : 0,15 ha/an
  • Empreinte écologique d’un chien (de taille moyenne) : 0,84ha/an
  • Empreinte écologique d’un hamster : 0,014 ha/an

À titre de comparaison, un Belge consomme environ 6,3 ha/an.

Si cette préoccupation prend de plus en plus d’ampleur, elle n’est pourtant pas neuve. En 2009, déjà, un couple d’architectes néo-zélandais publiait une étude sur l’empreinte carbone engendrée par les animaux de compagnie : Mangez votre chien, un guide pour un mode de vie durable (Time to eat the dog ? : the real guide to sustainable living). À titre d’illustration, l’ouvrage explique notamment que l’empreinte carbone d’un chien de taille moyenne est deux fois supérieure à celle d’un 4×4 qui parcourt 10.000 kilomètres par an. Même si cette étude ne se base pas sur un protocole scientifique sérieux, elle a le mérite de questionner l’impact environnemental de nos animaux de compagnie afin de trouver petit à petit des solutions.

La nourriture, la première responsable

Un chien consomme en moyenne 164 kg de viande par an (et 95 kg de céréales). La fabrication de cette nourriture, tout comme pour nous humains, nécessite de l’énergie et des matières premières importantes. Un article du Huffington Post sur le sujet nous avertit que les chiens et les chats seraient responsables de près de 30% de l’impact de l’agriculture animale sur l’environnement aux États-Unis.

De plus en plus d’entreprises commercialisent aujourd’hui de la nourriture végétarienne et végétalienne pour animaux. Lles produits sans viande représentent désormais 20% des ventes d’aliments pour chiens aux États-Unis, comme l’entreprise Halo qui propose ce genre de produits depuis plusieurs années déjà.

Lire aussi > Airbnb lance une nouvelle sorte d’activité pour les amoureux des animaux

Cependant, si le chien est omnivore, le chat est carnivore. Le chien peut donc aisément survivre en consommant uniquement des produits végétaux. Le chat a quant à lui un besoin vital de viande. De plus, les chiens et les chats ont besoin de vitamine D pour maintenir un taux de calcium adéquat dans le corps. Ils ne peuvent pas en fabriquer eux-mêmes comme les humains. Mais cette vitamine D ne se trouve que dans les produits d’origine animale.

L’autre alternative ? La viande synthétique. Plusieurs laboratoires travaillent à l’élaboration de cette viande qui limiterait son impact écologique. Cette viande serait cultivée « in vitro » pour une alimentation plus durable.

 

Le chat, un danger pour l’écosystème

Depuis une quinzaine d’années, de nombreuses études se penchent sur l’influence des chats sur leur écosystème. Le chat a en réalité un impact considérable sur la faune sauvage. Le nombre de ses proies se compte chaque année en dizaines de milliards d’oiseaux, mammifères, reptiles et amphibiens, selon une étude de la revue scientifique Nature. Cette menace provient principalement des « chats harets », c’est-à-dire les chats domestiques qui sont retournés à l’état sauvage. Dans certaines zones du monde, notamment des îles (Nouvelle-Zélande, Australie…), l’implantation des chats a même mené à l’extinction de dizaines d’espèces. L’union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) a classé le chat parmi les espèces les plus agressives et nuisibles.

Le chat arrive en tête des causes de mortalité des oiseaux (26 %). En France, le Muséum national d’histoire naturelle a lancé en 2016 un programme de science participative « chat et biodiversité ». Celui-ci a permis d’étudier les cas de 20 000 proies rapportées par des chats en un an. En tout, deux tiers des proies concernent les petits mammifères et un quart concerne les oiseaux. Les reptiles obtiennent la troisième place (9%). Un grand nombre de ces espèces se trouve sur la liste rouge des espèces menacées.

L’une des solutions reste la stérilisation. Cela évite non seulement la reproduction importante de chats errants, mais aussi de limiter le vagabondage de chats à la recherche de partenaires, qui s’aventurent alors hors du jardin et peuvent s’attaquer à des espèces en danger. Une solution rapide consiste également à accrocher une clochette au cou de son chat, ou d’éviter de le laisser sortir lorsqu’il pleut puisque c’est le moment où les oiseaux sont le plus vulnérables.

Quelles sont les solutions ?

  • 1) Se tourner vers les refuges plutôt que vers les élevages d’animaux. Cela permet d’éviter les dépenses énergétiques de l’élevage tout en réalisant une bonne action.
  • 2) Faites stériliser votre chat, cela afin d’éviter sa prolifération.
  • 3) Acheter durable pour vos compagnons à quatre pattes : sacs à crottes et litières biodégradables, jouets d’occasion ou fabriqués soi-même, nourriture en vrac,…
  • 4) Opter pour des produits de soin biologiques. Qu’il s’agisse de leur hygiène ou de leurs puces, on opte pour des marques sans pesticides ni produits chimiques pour nos petites bêtes. De nombreuses enseignes proposent des produits de soin bio.
CIM Internet