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Amazonie : L’arbre qui pourrait sauver la forêt

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Il permettrait de rendre les terres brûlées fertiles. | © Belga/AFP

Environnement & Animaux

L’inga pourrait aider à fertiliser les sols et ralentir la déforestation de la forêt amazonienne.

 

Un arbre miracle, voilà qui pourrait bien sauver la forêt amazonienne de sa déforestation et redonner espoir aux populations dépendantes de cette étendue verte qu’ils voient partir en fumée. Les arbres inga ont la particularité de fixer l’azote dans les terres, de pousser sur des sols en friche très pauvres et d’en améliorer la constitution pour les rendre plus fertiles. Ils constituent une opportunité en or pour les populations locales de conserver leurs terres pour cultiver cette légumineuse aux mille trésors.

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Il peut être entièrement utilisé

« C’est vraiment une sorte « d’arbre miracle » car certaines espèces peuvent faire des choses étonnantes », explique à la BBC Toby Pennington, professeur de diversité végétale tropicale et de biogéographie à l’Université d’Exeter, au Royaume-Uni. Un projet a d’ailleurs été développé afin d’encourager les populations locales à planter cet arbres. Objectif : convaincre les petits exploitants et agriculteurs à ne pas céder leurs terres à des grandes entreprises agroalimentaires qui défricheraient afin de planter d’autres ressources.

Les scientifiques espèrent que le programme convaincra les petits exploitants de ne pas vendre leurs terres à de grandes entreprises agroalimentaires et de rester des agriculteurs en Amazonie. Car en plus de fixer l’azote dans le sol, la plante offre de nombreuses possibilités d’exploitation : les haricots qu’elle produits peuvent être vendus, les feuilles d’arbres peuvent nourrir leurs bovins et le bois en lui-même peut être utiliser pour se chauffer.

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Des ananas, au milieu d’allées d’ingas. ©ingafoundation.org

Étant donné qu’il est capable de pousser sur des sols très pauvre, il est idéal pour se répandre sur les terres brûlées de l’Amazonie. « Leur taux de croissance est fantastique », précise aussi le professeur à la BBC. Sa capacité de fixer l’azote dans le sol, doublé avec les chutes de ses nombreuses feuilles permet de produire un sol riche capble d’accueillir d’autres plantations. Cette plante offre ainsi une solution de reforestation des zones sensibles, en permettant à la biodiversité de reprendre ses droits et en atténuant les pires effets du réchauffement climatique, explique encore à nos confrères le docteur Saulo de Souza de l’institut Ouro Verde.

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« Ces plantations favoriseraient les espèces sauvages qui pourraient les utiliser comme habitats ou comme tremplins pour se déplacer entre les restes de forêt », a-t-il déclaré. De plus, « en fixant le carbone, la croissance des arbres dans les pâturages pourrait réduire l’empreinte écologique des vaches laitières. Les arbres pourraient également augmenter la perméabilité du sol, augmenter la charge de la nappe phréatique et réduirel’érosion du sol », indique encore le docteur. « Il est primordial d’offrir de nouvelles opportunités et de nouvelles technologies vertes pour aider les petits exploitants. L’agriculture familiale joue également un rôle essentiel dans la production alimentaire mondiale. Au Brésil, ils sont responsables de 70% de la consommation alimentaire nationale ».

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