Paris Match Belgique

Ces idées lumineuses pour recycler les mégots de cigarette

mégot

Un mégot est capable à lui seul de polluer jusqu'à 1 000 litres d'eau. | © Mathew MacQuarrie/Unsplash

Environnement & Animaux

Non, on ne vous encourage pas à fumer. Mais quitte à voir des mégots joncher le sol, pourquoi ne pas en faire quelque chose ?

 

Les mégots de cigarettes sont partout : dans les rigoles, dans les pots de fleurs, dans les bouteilles de bière qui traînent sur un appui de fenêtre, sur le trottoir. Une vraie calamité. Ce petit bout de plastique consumé peut paraître anodin, pourtant, il est capable à lui seul de polluer environ 1 000 litres d’eau, d’après une étude allemande publiée en 2014 dans la revue Journal of Hydrology. Or, avec les bouteilles en plastique et les emballages de bonbons, il est l’un des déchets qui se retrouvent le plus dans nos cours d’eau. Forcément, il se retrouve ensuite dans la mer et représenterait à lui seul 40% des détritus qui se retrouvent dans la Méditerranée.

Lire aussi > #FillTheBottle, le challenge écolo qui en dit long sur la pollution liée aux mégots

Avec environ un milliard de fumeurs à travers le monde, ce ne sont pas moins de 6 250 milliards de mégots sont consumés chaque année (d’après des chiffres de l’OMS de 2012) dont deux tiers terminent à terre, selon l’OMS. Et autant de substances toxiques et de polluants qui sont libérés directement dans l’environnement. La durée de vie d’un mégot dans la nature ? 15 ans. Pour tenter d’endiguer la pollution liée à ces substances chimiques qui polluent la nature – du moins celles contenues dans les mégots – plusieurs esprits brillants ont imaginé des solutions pour recycler le matériau contenu dans ces bouts de cigarettes pour en faire des nouveaux objets. Certains utilisent même carrément le mégot lui-même. Petit coup d’œil sur ces idées parfois surprenantes.

Du mobilier

L’année dernière, la commune de Waterloo lançait une grande campagne de récupération et de recyclage des mégots de cigarettes en installant une dizaine de cendriers dans des espaces publics. Une première en Belgique. Un an plus tard, c’est la commune de Ganshoren qui se lançait dans l’aventure, via Guillaume Berlemont et son entreprise We circular dont l’objectif est de promouvoir l’économie circulaire en Belgique. Depuis, il collabore avec d’autres communes et s’occupe de la récolte, le tri et le recyclage des mégots de cigarettes récoltés grâce à des cendriers publics prévus à cet effet.

Une fois les mégots récoltés, direction l’entreprise Mé go ! à Brest, en France. Là, ils sont dépollués et recyclés pour fabriquer du mobilier urbain. Les filtres nettoyés et broyés sont compressés et transformés en plaques avec lesquelles de nouveaux objets seront fabriqués, comme du mobilier urbain qui sera installé autour des points où se trouvent des cendriers, mais aussi des cendriers, ou des tabourets.

Des doudounes

Récemment, c’est un jeune Français, étudiant ingénieur de 22 ans, qui a fait parler de lui en utilisant ces bouts de cigarettes pour créer des doudounes. Après avoir séparé le tabac et les cendres du reste des mégots, il broie le tout pour ne récupérer que la fibre qui se trouve à l’intérieur. Elle est ensuite envoyée en laboratoire pour être lavée et traitée. Interviewé par France 3, il explique : « Normalement cette fibre elle est censée être isolante, propre et sans odeur », mais le niveau de toxicité est encore inconnu et devra faire l’objet d’analyses. Il en fait ensuite des sortes de grandes bandes qui constituent la doublure de la doudoune. En tout, cela représente 3 500 mégots par veste.

Lire aussi > Seconde vie : Des chewing-gums transformés en baskets

Une planche de surf

Chaque année, l’association Surfrider et la marque Vissla organisent un concours récompensant les personnes qui créeront une planche de surf à partir de matériaux recyclés. En 2017, c’est Taylor Lane, un designer industriel californien de Californie qui a remporté le concours Creators and Innovators Upcycle Contest avec sa « Cigarette Surfboard ».  Il s’agit d’une planche de surf qui a été réalisée grâce à 10 000 mégots de cigarettes ramassés sur les côtes californiennes, comme l’explique Brut. Aujourd’hui, il se sert de cette planche pour sensibiliser au problème de la pollution engendrée par les mégots de cigarettes.

Des briques et des routes

À la RMIT University de Melbourne, le professeur Abbas Mohajerani et son équipe se sont penché sur la faisabilité de construire des briques de terre cuite en y incorporant des mégots de cigarettes à hauteur de 1% de la brique. D’après le magazine Futura Science, les chercheurs estiment que l’utilisation de ces briques permettrait de réduire la chaleur nécessaire à leur cuisson, mais également qu’elles seraient plus résistantes aux chocs. Les chercheurs se sont également penché sur l’utilisation des mégots dans la fabrication de routes, en les mélangeant à de l’asphalte. Mêmes constats : les routes seraient plus solides et résisteraient mieux au passage des poids lourds, tout en capturant une partie de la chaleur qui n’est ainsi plus renvoyée par la route. « Sans phase de dépollution préalable – ces voies de valorisation se veulent être une façon d’immobiliser les polluants contenus dans les mégots », souligne un rapport d’étude publié par Ineris en février dernier.

CIM Internet