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La déforestation en Amazonie a augmenté de 30 % en seulement un an, le plus haut taux depuis 2008

Déforestation en Amazonie

L'équivalent de 1,4 million de terrains de football a été rasés en un an. | © EPA / MARCELO SAYAO

Environnement & Animaux

Greenpeace tire la sonnette d’alarme. Selon des données collectées, presque 10 000 km² de forêt amazonienne ont été détruits en une année. Cela représente un tiers de la superficie de la Belgique.

 

Selon les données du PRODES (Projet de surveillance de la déforestation par satellite en Amazonie) publiées aujourd’hui, la déforestation en Amazonie a atteint 9 762 km² entre août 2018 et juillet 2019, soit presque 1,4 million de terrains de football. Ce nombre représente une augmentation de 30 % par rapport à la période précédente et correspond au taux le plus élevé jamais enregistré depuis 2008.

« Nous récoltons ce que le gouvernement a semé depuis la campagne présidentielle. Le programme anti-environnemental du président Bolsonaro a mis fin à la capacité du Brésil de lutter contre la déforestation, de favoriser les auteurs de crimes contre l’environnement et d’encourager la violence contre les peuples des forêts. L’administration de Bolsonaro détruit pratiquement tout le travail accompli au cours des dernières décennies pour protéger l’environnement », accuse Cristiane Mazzetti, responsable de la campagne de Greenpeace pour l’Amazone.

 

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URGENTE! O desmatamento na Amazônia chegou a 30% entre agosto de 2018 e julho de 2019, a 3ª maior alta percentual da história, segundo dados oficiais do governo divulgados hoje. A área de floresta destruída equivale a 1,4 milhão de campos de futebol ou seis vezes a cidade de São Paulo. Os estados de Roraima (216%), Acre (55%) e Pará (41%)registraram os maiores percentuais de aumento, e o Pará liderou com a maior área desmatada (3.862 km²) no período. Essa alta sacrifica vidas, coloca o país na contramão da luta contra as mudanças climáticas e traz prejuízos à economia. Pressione o governo a tomar medidas concretas para proteger a Amazônia – clique no link na bio. . 📸: Fábio Nascimento / Greenpeace . #TodosPelaAmazônia #DesmatamentoZero

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La destruction de la forêt amazonienne ne fait que s’accélérer. Selon les données de DETER sur la période d’août à octobre 2019 (un indice qui recense les alertes sur l’évolution de la couverture forestière en Amazonie), les zones victimes de déforestation vont doubler par rapport à la même période en 2018.

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La Belgique a aussi sa part de responsabilité selon l’ONG

Pour Greenpeace, le gouvernement brésilien n’a fait preuve d’aucune politique cohérente de protection de la forêt et de ses peuples même face à un scénario alarmant pour l’Amazonie, c’est-à-dire avec une recrudescence des incendies, une augmentation de la déforestation, l’invasion de zones protégées et la violence contre les peuples autochtones. Au contraire, l’ONG charge le président et lui reproche de prendre « le parti de la criminalité environnementale ».

« La déforestation galopante et le manque de gouvernance coûtent des vies, et indiquent que le Brésil ne se positionne pas contre le changement climatique. De plus, cela nuit à l’économie, car le marché international ne veut pas acheter de produits contaminés par la destruction de l’environnement et la violence », avertit Cristiane Mazzetti.

 

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« La politique de Bolsonaro est désastreuse pour la forêt amazonienne et ses habitants, mais tant que nous offrons un marché pour les produits issus de la déforestation, nous sommes également co-responsables. La Belgique importe chaque année plus d’un million de tonnes de soja destiné à l’alimentation animale. En adoptant un modèle agricole durable, avec un cheptel beaucoup plus petit, une consommation de viande moindre et une nouvelle loi européenne contraignante qui arrête l’importation de biens liés à la déforestation et aux violations des droits de l’homme, nous pouvons jouer notre rôle dans la crise sociale et environnementale que le Brésil vit sous Bolsonaro. Enfin, nous soutenons la demande des peuples autochtones brésiliens de suspendre l’accord UE-Mercosur jusqu’à ce qu’il y ait suffisamment de garanties que leurs droits seront protégés et que des écosystèmes précieux tels que la forêt amazonienne seront protégés » déclare An Lambrechts de Greenpeace Belgique.

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