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Malgré l’urgence climatique, « les niveaux de production de combustibles fossiles sont plus élevés que jamais »

Une mine de charbon en Indonésie

Une mine de charbon en Indonésie. | © Unsplash/Dominik Vanyi

Environnement & Animaux

Le monde reste trop accro aux énergies fossiles que pour limiter le réchauffement climatique.

 

La communauté internationale reste bien trop dépendante aux énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz) que pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris, et singulièrement celui de limiter le réchauffement climatique bien en-deça de 2°C et si possible à 1,5°C, conclut un rapport intitulé « L’écart de production » rédigé par une cinquantaine de chercheurs actifs dans différents centres de recherche (Stockholm Environment Institute, l’International Institute for Sustainable Development, Overseas Development Institute, CICERO Centre for International Climate and Environmental Research et Climate Analytics).

D’après les auteurs de ce rapport, le premier dans son genre, qui se base sur les projections de production d’énergies fossiles dans 10 pays-clefs (Chine, États-Unis, Russie, Inde, Australie, Indonésie, Canada, Allemagne, Norvège et Royaume-Uni), le monde est parti pour produire environ 50% de plus de combustibles fossiles en 2030 que les niveaux compatibles avec une limitation du réchauffement à +2°C. La surproduction atteint 120% par rapport à l’objectif d’une limitation du réchauffement à +1,5°C.

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Le rapport spécial du Giec a souligné tous les avantages (moindre montée des eaux, évènements climatiques extrêmes moins fréquents et de moindre intensité, moindre acidification des océans, etc.) d’une limitation du réchauffement à +1,5°C plutôt que +2°C.

Surproduction attendue pour le charbon

C’est pour le charbon, une énergie fossile particulièrement néfaste pour le climat, que la surproduction attendue est la plus importante. « Les pays prévoient de produire 150% de charbon en plus que ce qui serait compatible avec une limitation du réchauffement à 2°C et 280% de plus par rapport à ce qui serait compatible avec une limitation à 1,5°C », constatent les auteurs de l’étude. Pire, les projections suggèrent que dans l’état actuel des choses, les pays produiront trop de combustibles fossiles pour respecter leurs propres engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre pris dans le cadre de l’accord de Paris. Des engagements qui restent pour l’heure insuffisants et conduisent le monde sur une trajectoire de +3°C.

De nombreuses options existent pour réduire l' »écart de production », avancent les auteurs du rapport, comme une limitation de l’exploration et de l’extraction ou la suppression des subsides en faveur des combustibles fossiles. La coopération internationale pourrait également jouer un « rôle central ».

Nous sommes dans un trou profond et nous avons besoin d’arrêter de creuser.

« Malgré plus de deux décennies de politique climatique, les niveaux de production de combustibles fossiles sont plus élevés que jamais », résume le directeur du Stockholm Environment Institute, Måns Nilsson. « Ce rapport montre que le soutien continu des gouvernements à l’extraction de charbon, pétrole et gaz est une grande partie du problème. Nous sommes dans un trou profond et nous avons besoin d’arrêter de creuser ».

Ce rapport se veut complémentaire au rapport de l’Onu Environnement sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (« écart d’émissions »), dont l’édition 2019 sera publiée mardi prochain (26 novembre), à quelques encablures de la COP25, la 25e Conférence des Nations Unies sur le climat, prévue à Madrid du 2 au 13 décembre.

Avec Belga

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