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Un spot cynique pour dénoncer le greenwashing des grandes enseignes [VIDÉO]

Un homme en costume dans un champ de pommiers

"Certes on fait du bio, mais notre spécialité, ça reste de faire de l’argent" | © Capture d'écran YouTube

Environnement & Animaux

Le syndicat français des magasins bio signe une campagne à la fois drôle et engagée pour dénoncer le double discours des grandes enseignes.

Le bio, c’est bien. L’argent, c’est mieux ? Face à la concurrence des grandes surfaces, qui multiplient les rayons vrac, les magasins spécialisés bio ont décidé de hausser le ton. Avec sa campagne bourrée d’humour et de cynisme, Synadis, le syndicat français des distributeurs spécialisés de produits biologiques, dénonce la surexposition médiatique du bio, parfois sujette au « greenwashing » et l’appât du gain.

Durant moins de deux minutes, le spot met en scène un directeur d’une grande enseigne, présentant son agriculture bio. « C’est vraiment très important pour nous de vendre du bio, vous savez pourquoi ? » demande-t-il avant d’éjecter avec son index un papillon posé sur son épaule. « Parce que ça rapporte énormément d’argent et que ça améliore notre image. Vous croyiez quoi ? Qu’on fait ça par conviction ? » déclare-t-il, sans qu’aucune enseigne ne soit toutefois mentionnée. 

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Le patron sans scrupule en costume cravate avoue ensuite qu’il continue d’utiliser des pesticides juste à côté, de cultiver des tomates sous des serres surchauffées, d’importer des fruits qui ont fait trois fois le tour de la planète par avion et d’exploiter des petits producteurs qu’il paie au lance-pierre. « Alors, certes on fait du bio, mais notre spécialité, ça reste de faire de l’argent », rappelle-t-il, tout en rentrant dans son SUV.

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« Pour certains, le bio c’est juste une étiquette. Pour nous, c’est une éthique », peut-on lire à la fin de la vidéo. Autrement dit, l’engouement des grandes enseignes pour le bio relèverait davantage de l’opportunité économique que d’une réelle prise de conscience environnementale. « Face à l’apparition de possibles dérives, il convient en effet de rappeler que le développement du bio doit se faire avec sens pour ne pas en dégrader les principes fondamentaux », précise le syndicat, rassemblant 1500 magasins spécialisés, représentant un tiers de la distribution bio en France.

Selon les chiffres d’Ouest France, la grande distribution est très dynamique dans la bio. En 2018, elle a emporté à elle seule près de 68 % de la progression du chiffre d’affaires, alors qu’elle n’en remportait que la moitié jusqu’ici. Dans ce contexte, on comprend mieux pourquoi les magasins spécialisés ont besoin de se démarquer, avec des campagnes plus musclées. « Actuellement, l’offre de bio demeure inférieure à la demande et les agriculteurs sont en position de force face aux distributeurs », souligne le directeur de Biocoop, Pierrick de Ronne, redoutant le « point de bascule », ce moment où l’offre en bio dépassera la demande, et inversera ainsi le rapport de force.

Mots-clés:
économie bio greenwashing
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