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Russie : le braconnage de rennes prend une ampleur « scandaleuse »

Il resterait environ 900 000 espèces dans toutes les régions nord du pays, alors qu’il y a dix ans, il y en avait plus d’1,5 million. | © Belga

Environnement & Animaux

L’association WWF s’alarme du braconnage des rennes en Russie qui prend une échelle « scandaleuse ».

C’est une accablante nouvelle qu’a relayé le Fonds mondial pour la nature (WWF). Dans un communiqué, publié mi-avril, l’ONG dédiée à la protection de l’environnement a annoncé avoir découvert 800 charniers de rennes à Evenkia, en Russie. Selon leurs experts, les braconniers, auteurs des faits, auraient abattu près de 20 000 animaux depuis le mois d’août dernier.

© Photo : WWF Russia

Cynisme des braconniers

Pour tirer cette conclusion, ils ont sillonné les 1500 kilomètres de la réserve naturelle de Sibérie centrale, située dans la région de Krasnoyarsk, afin d’y « inspecter 16 unités de transports ». Ils ont observé que les malfrats tiraient aléatoirement sur les rennes et n’abattaient pas forcément ceux qui étaient blessés. Ainsi, environ 300 carcasses ont été trouvées dans la taïga, tentant vainement d’échapper à la tuerie.

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Les experts s’indignent du cynisme des braconniers. « En général, il semble que le chasseur de rennes sauvages tue pour un unique but : s’il il veut la langue de l’animal, il tire, puis lui coupe la langue, et laisse le reste. S’il veut une cuisse, il tire, coupe ses jambes, et jette le reste », explique Pavel Kochkarev, directeur de la réserve naturelle. Cela pose un double problème : les carcasses d’animaux en décomposition menacent de propager de graves infections auprès des populations locales et d’autres bêtes.

Nous avons signalé que le braconnage existait dans cette région, mais l’échelle du phénomène est scandaleuse.

Pour faire face aux braconniers, les rangers ne sont pas assez nombreux et disposent d’un équipement trop spartiate. À l’inverse, les criminels sont bien armés et utilisent des VTT et des motoneiges. « Nous avons signalé que le braconnage existait dans cette région, mais l’échelle du phénomène est scandaleuse », déplore Ivan Mizin, du WWF en Russie. L’ONG envisage de poursuivre les raids de surveillance afin de mieux comprendre les itinéraires de migration des rennes et les endroits où ils sont braconnés.

© Photo : WWF Russia

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Selon les comptages opérés par l’organisation, il resterait environ 900 000 espèces dans toutes les régions nord du pays, alors qu’il y a dix ans, il y en avait plus d’1,5 million.

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