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158 sangliers tués en une matinée : Dans les Ardennes françaises, la partie de chasse de la honte

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Image d'illustration. | © Unsplash / Nick Karvounis.

Environnement & Animaux

Une partie de chasse à laquelle participaient 84 personnes a dérapé mercredi dernier dans les Ardennes françaises. 300 balles ont été tirées et 151 sangliers ont été abattus.

C’est un triste record qui fait froid dans le dos. Mercredi 27 novembre, 151 sangliers ont été tués en une matinée dans une forêt de La-Croix-aux-Bois (Ardennes françaises), comme le rapportent plusieurs médias dont Ouest France. 300 balles ont été tirées. Il y avait 84 participants.

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Un « carnage » qui « nuit considérablement à l’image de la chasse »

La fédération de chasse des Ardennes « condamne fortement » ce qu’elle estime être un « carnage ». Selon son président Jean-Pol Gambier, cette battue « nuit considérablement à l’image de la chasse ». « Quand ils ont entendu que ça tirait autant, il fallait arrêter », estime-t-il.

Un participant assure à L’Ardennais « qu’il n’y a plus aucun respect de l’animal » et que « cela ne doit pas se reproduire ». « Dans le lot, certaines bêtes sont sûrement parties blessées, d’autres n’ont pas été retrouvées, une partie du gibier était inexploitable. Il n’y avait pas d’honneur », ajoute le chasseur, assurant qu’« en termes de sécurité, c’était limite ».

Selon lui, les battues ordinaires ne dépassent pas 30 à 40 sangliers tués. En face, le directeur de cette chasse évoque « un coup du sort ». « Pour l’éthique de la chasse, ça fait beaucoup. J’aurais préféré en faire 20 ou 30 par jour de chasse, mais on ne choisit pas ». Le président de l’Amicale des chasseurs du chêne pâté, Benoît Jadot, insiste de son côté sur l’aspect involontaire de cette battue.

Aucun pouvoir de sanction

Comme le note le site web du Point, la fédération de chasse des Ardennes n’a aucun pouvoir de sanctionner les instigateurs de cette battue honteuse.

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En Belgique, Inter-Environnement Wallonie pointait du doigt début octobre les dérives de la chasse et réclamait la limitation de son impact sur la biodiversité et nos forêts. La nouvelle de la mort de la louve Naya, la première à établir son territoire chez nous depuis près de 100 ans, illustrait l’une des pratiques déviantes de la chasse, dénoncées par une cinquantaine d’associations dans leur appel « Stop aux dérives de la chasse ». Selon la coalition, qui ne s’oppose pas à tout type de chasse, ces dernières impactent la biodiversité et nos forêts, infligent des souffrances inutiles aux animaux sauvages et restreignent l’accès à la forêt à ses multiples utilisateurs.

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