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27 ans avant Greta Thunberg, une ado de 12 ans alertait déjà le monde entier dans un plaidoyer passionné [VIDÉO]

Severn Cullis-Suzuki

La jeune fille en 1992 au sommet de la Terre, à Rio. | © Capture d'écran YouTube.

Environnement & Animaux
Avant la jeune activiste suédoise, il y a eu la Canadienne Severn Cullis-Suzuki. En 1992, âgée de 12 ans seulement, elle montait à la tribune de l’ONU pour lancer un appel à sauver la planète.

 

Elle est en quelque sorte une pionnière. Si la jeune activiste Greta Thunberg parvient à mobiliser autant, et que tout le monde se souvient de son retentissant discours de septembre dernier à l’ONU, elle n’est pas la première adolescente à s’insurger face aux caméras du monde entier. 27 ans auparavant, la Canadienne Severn Cullis-Suzuki invitait déjà les dirigeants du monde entier à agir pour préserver l’environnement. Celle qui était alors âgée de seulement 12 ans s’était illustrée, en tant que fondatrice de l’ONG Environmental Children’s Organization, en prononçant un discours lors du premier sommet de la Terre organisé par les Nations Unies à Rio en 1992.

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Je suis ici pour parler au nom de toutes les générations à venir. Je suis ici pour parler au nom des enfants affamés du monde entier dont les cris ne sont pas entendus. Je suis ici pour parler au nom des innombrables animaux qui meurent parce qu’ils n’ont pas d’autre endroit où aller. (Severn Cullis-Suzuki en 1992)

Toujours restée une combattante

« Je me bats pour mon futur. Perdre mon futur n’est pas pareil que de perdre des élections ou quelques points à la bourse. Je suis ici pour parler au nom de toutes les générations à venir », avait-elle lancé à la tribune, évoquant « le trou de la couche d’ozone » et la disparition des espèces. « Tout cela se déroule devant nos yeux, et pourtant nous continuons à agir comme si nous avions tout le temps souhaité », analysait la jeune fille face à un parterre de dirigeants.

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Fille de l’écrivaine Tara Elizabeth Cullis et du généticien canadien David Suzuki, rendu célèbre à travers le monde par son émission de vulgarisation scientifique « The Nature of Things », la Canadienne entre à la Commission de la Charte de la Terre, émanation de l’ONU devenue indépendante. Elle étudie l’ethnoécologie, conseille le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, au Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg en 2002, et anime plusieurs émissions dont le Suzuki’s Nature Quest. Dans ce programme destiné aux enfants et diffusé par chaîne Discovery Channel, l’activiste donne à voir la beauté de la nature en partant l’explorer avec son père.

Engagée dans la diffusion de la culture des peuples autochtones

Depuis son discours devenu culte, qui est encore source d’inspiration aujourd’hui et partagé abondement sur les réseaux sociaux, l’ado qu’elle était a bien grandi. Militante toujours très active, la désormais biologiste et ethnoécologiste, âgée de 40 ans, s’est installée sur l’archipel Haïdas Gwaii (côte ouest du Canada), où elle a épousé un Haïdas avec qui elle a eu un enfant. Elle y a aussi appris le Xaayda kil, le dialecte Skidegate de la langue Haïda menacé de disparition. Très engagée aux côtés des Haïdas, peuple premier, elle insiste sur la nécessité d’un combat intergénérationnel, comme le note Next.

greta thunberg Severn Cullis-Suzuki
Greta Thunberg et Severn Cullis-Suzuki (tout à droite) lors d’une manifestation pour le climat à Vancouver, le 25 octobre dernier © Darryl Dyck / ABACAPRESS.

Car diversité culturelle et biodiversité « participent d’un même processus », dit-elle. Comme les Indiens d’Amazonie Kayapos « qui vivent sur les dernières lignes de défense avant les bulldozers qui dévorent la planète », les communautés indigènes montrent partout qu’elles savent « gérer leur écosystème et leurs ressources ». Les modes de vie alternatifs sont selon elle la solution aux défis environnementaux auxquels la planète est confrontée.

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À l’origine de la grève de l’école pour le climat, et invitée cette semaine à la COP 25 de Madrid, où 25 000 délégués du monde entier sont attendus Greta Thunberg semble être la digne héritière de Severn. Interrogée par Le Monde en avril dernier, la Canadienne déclarait au sujet de la Suédoise : « Elle dérange, qu’elle interpelle c’est la preuve que [les responsables politiques] l’entendent et ça témoigne du pouvoir dont elle dispose ».

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