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Performance climatique : La Belgique, loin derrière la moyenne européenne

un enfant manifeste pour le climat en belgique

"Il n'y a pas de planète B", tient fièrement un enfant à une manifestation à Bruxelles. | © BELGA PHOTO JULIA M FREE

Environnement & Animaux

Pour la première fois, la Belgique se classe parmi les « mauvais » élèves, selon l’Indice de Performance Climatique, présenté à la COP25.

Alors que les scientifiques appellent à faire de la lutte contre le réchauffement climatique une priorité depuis plusieurs années, la Belgique semble faire la sourde oreille. Présenté ce mardi à la COP25, à Madrid, l’Indice de Performance Climatique (CCPI) montre que le plat pays recule encore dans le classement climatique international, en passant de la 31e à la honteuse 35e place (sur 58). Avec ce recul de quatre places, il quitte la catégorie « intermédiaire » et se classe pour la première fois parmi les pays à « mauvais » score climatique.

Avec cette lamentable performance, la Belgique se retrouve loin derrière la moyenne européenne et même des pays émergents comme la Chine ou l’Inde, indique WWF dans un communiqué. Aux côtés des organisations environnementales flamande BBL et wallonne IEW, l’ONG regrette le manque d’ambition et de cohérence entre nos différents niveaux de pouvoir pour prendre l’enjeu climatique à bras le corps.

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« L’absence actuelle d’une politique climatique intégrée n’est pas étrangère au recul de notre pays dans le classement international », observe Julie Vandenberghe, chargée des politiques Climat et Énergie au WWF. « Le temps presse pour améliorer le plan climat belge. Pour ce faire, les gouvernements de toutes les régions et du fédéral devraient aller ce l’avant, ce qui ne semble pas encore le cas de tous », regrette Noé Lecocq, chargé de mission Climat, Énergie & Mobilité pour la Fédération Inter-Environnement Wallonie.

Les élections américaines déterminantes

Si l’Indice de Performance Climatique montre les signes d’une légère diminution des émissions de CO2 et de consommation de charbon, plusieurs grands pays avancent toujours dans la mauvaise direction, massivement influencés par le puissant lobby du charbon et du pétrole.

« Nous voyons des opportunités pour arrêter l’augmentation des émissions mondiales mais cela dépend beaucoup des développements futurs en Chine et des élections aux USA. Les deux pays doivent faire un choix », explique Ursula Hagen (Germanwatch), une des auteurs de l’Indice présenté conjointement par Germanwatch, NewClimate Institure et Climate Action Network (CAN).

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Cet indice évalue les performances nationales sur base des émissions de gaz à effet de serre, de la place du renouvelable dans le mix énergétique, de l’utilisation d’énergie et de la politique climatique.

Le classement souligne que les émissions baissent dans 31 des 57 pays évalués, responsables à eux seuls de 90% des émissions mondiales. « La consommation mondiale de charbon baisse et le boom de l’énergie renouvelable se poursuit », indiquent les auteurs.

La Suède championne, les États-Unis derniers

Aucun des pays évalués n’étant sur une trajectoire compatible avec les objectifs climatiques de Paris, les trois premières places du classement sont inoccupées. La liste compte ainsi 58 pays et association politico-économique, comme l’Union européenne, mais 61 positions.

Sous la présidence Trump, les États-Unis affichent le plus mauvais score de leur histoire : la dernière place, juste avant l’Arabie Saoudite. L’Australie se place, quant à elle, à la 56e position, entre le Canada (55) et l’Iran (57). Dans la catégorie de la politique climatique, seule l’Australie a obtenu de moins bons résultats, avec 0 point sur 100 possible sur base de l’évaluation des experts climatiques du pays. « Cette évaluation montre une fois de plus que les principaux pollueurs climatiques, ne font pratiquement rien pour tendre vers le changement dont nous avons besoin », estime Dr. Stephan Singer de Climate Action Network (CAN), co-éditeur du CCPI.

La Bulgarie (49) et la Pologne (50) sont les moins bons élèves européens. L’Irlande (41), qui détenait ce malheureux titre l’an dernier, a amélioré sa position de 7 places. La Belgique (35) se place dans la catégorie « mauvaise », juste après l’Espagne (34), la Thaïlande (33) et le Mexique (32). La France se trouve quant à elle à la 18e position, dans la catégorie intermédiaire, devant le Brésil (21), l’Allemagne (23), les Pays-Bas (29) et la Chine (30).

L’Union européenne recule, elle aussi, de la 16e à la 22e place. Mais elle pourrait rapidement remonter dans le classement si elle suivait les recommandations de la nouvelle présidente de la Commission Européenne Ursula von der Leyen de fixer un objectif contraignant de 55% de réduction d’émissions pour 2030 par rapport à 1990 et de viser la neutralité carbone pour 2050. Réponse ce jeudi.

En tête du classement, à la quatrième position donc, on retrouve la Suède, devant le Danemark. Le Maroc occupe la troisième marche de ce faux podium.

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