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COP25 : Un triste accord aux avancées quasi insignifiantes

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Le slogan "Il est temps d'agir pour la planète" n'a visiblement pas été entendu. | © BELGA PHOTO / BENOIT DOPPAGNE.

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Avec 42 heures de retard, la conférence s’est terminée par la signature d’un accord minimal avec des pays plus divisés que jamais sur des sujets clés.

Elle aura été maudite jusqu’au bout. Refusée par le Brésil, annulée par le Chili, la 25ème conférence des Nations unies sur le climat (COP25), finalement hébergée à Madrid, s’est achevée, dimanche 15 décembre, sur des avancées quasi insignifiantes.

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Avec 42 heures de retard, ce qui laissait espérer un vrai effort des Etats pour s’entendre, le naufrage n’a pas pu être totalement évité et c’est seulement un accord a minima qui a été arraché, sans avancées globales majeures.

Si la COP25 a souligné lors de sa séance de clôture le “besoin urgent » à agir contre le réchauffement, la conférence madrilène n’a pas abouti sur un accord concernant les points essentiels pour répondre à l’urgence climatique et aux appels pressants des militants écologistes.

Au terme de deux semaines de négociations difficiles, la conférence a notamment échoué à trouver un accord sur les règles des marchés carbone internationaux, dernier volet du manuel d’utilisation de l’Accord de Paris de 2015.

Des divisions immenses

Si des compromis n’ont pu être arrachés, c’est notamment à cause des divisions immenses sur des sujets majeurs comme l’ambition et le financement. Samedi matin par exemple, une proposition de texte de la présidence chilienne a entraîné une fin de non recevoir de nombreux pays, pour des raisons parfois diamétralement opposées, les uns réclamant plus d’audace, les autres traînant les pieds.

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Au rythme actuel des émissions de gaz à effet de serre, le mercure pourrait gagner jusqu’à 4 ou 5°C d’ici la fin du siècle. Même si les quelque 200 signataires de l’Accord de Paris respectent leurs engagements, le réchauffement dépasserait 3°C.

Tous les Etats doivent soumettre d’ici la COP26 à Glasgow une version révisée de leurs engagements. À ce stade, quelque 80 pays se sont engagés à présenter un rehaussement de cette ambition mais ils ne représentent qu’environ 10% des émissions mondiales.

Et quasiment aucun des plus grands émetteurs, Chine, Inde ou Etats-Unis, ne semble vouloir rejoindre ce groupe. Seule l’Union européenne a “endossé » cette semaine à Bruxelles l’objectif de neutralité climatique d’ici 2050. Mais sans la Pologne, très dépendante du charbon. Et les Européens ne se prononceront pas avant l’été sur le relèvement de leurs engagements pour 2030.

Un résultat « inacceptable »

« Le décalage n’aura jamais été aussi grand entre la lenteur et le manque d’ambition dans l’enceinte des négociations à la Cop25 de Madrid d’une part, et la pression de la rue pour plus de justice climatique, combinée avec l’appel des scientifiques, d’autre part », a réagi dans la foulée la Coalition Climat.

Greenpeace International a qualifié ce résultat d’ « inacceptable » : « Nous avions besoin d’une décision qui soit une réponse adéquate à l’appel des jeunes, ce que le milieu scientifique considère comme une priorité et qui reconnaît l’urgence climatique. Au lieu de cela, grâce à une présidence chilienne faible, les bloqueurs climatiques tels que le Brésil et l’Arabie saoudite ont pu négocier des transactions de CO2 sans être dérangés et les scientifiques et la société civile ont été aplatis », a déclaré Jennifer Morgan, sa directrice générale.

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Le chef de l’ONU, le portugais António Guterres, s’est dit « déçu » et regrette une « occasion ratée »

Avec Belga

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