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L’équivalent de la surface de la Belgique a déjà brûlé en Australie

Un pompier tente d'éteindre un feu en Australie

L'Australie compte 70 000 pompiers, majoritairement bénévoles. | © SAEED KHAN / AFP

Environnement & Animaux

Depuis trois mois, de violents incendies ravagent l’Est de l’Australie, non sans conséquences sur la santé des habitants de cette région.

La COP25 s’est achevée dimanche 15 décembre sur un piètre résultat. Avec 42 heures de retard, la conférence sur le climat s’est terminée par la signature d’un accord aux avancées quasi insignifiantes. Aucune décision n’a été prise pour faire face aux violents incendies qui ravagent l’Australie depuis septembre. L’heure est pourtant grave. En trois mois, les feux de brousse qui touchent l’État de Nouvelle-Galles du Sud, dans le sud-est du pays, ont parcouru trois millions d’hectares de végétation, selon France Info, soit l’équivalent de la surface de la Belgique. Au moins 700 maisons ont été détruites, plus de 2 000 koalas ont péri dans les flammes et le quart de leur habitat naturel a disparu.

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Exacerbés par des températures élevées et des vents forts, ces feux de forêt dégagent des fumées toxiques qui enveloppent Sydney et l’Est du pays depuis des semaines. Non sans conséquences sur la santé des habitants. Au cours de la semaine se terminant le 11 décembre, les services de santé de cet État ont enregistré une hausse de 48 % du nombre de personnes se rendant aux urgences pour des problèmes respiratoires par rapport à une moyenne calculée sur cinq ans. Ce chiffre a atteint les 80 % le 10 décembre, jour où la qualité de l’air s’est considérablement détériorée à Sydney. Le lendemain, près de 20 000 personnes ont manifesté dans la ville pour demander au gouvernement de lutter contre le changement climatique.

une manifestante à Sydney
À Sydney, le 11 décembre, une manifestante porte un masque rappelant que l’Australie est en feu. © Saeed KHAN / AFP

« Une urgence de santé publique »

Ce lundi, plus d’une vingtaine d’organisations professionnelles de médecins, notamment le Royal Australasian College of Physicians – qui réunit 25 000 médecins et stagiaires – ont poursuit le combat, appelant le gouvernement australien à s’attaquer à cette pollution atmosphérique toxique. « La pollution de l’air en Nouvelle-Galles du Sud est une urgence de santé publique », a souligné cette Alliance pour le climat et la santé dans son communiqué. « La fumée provenant des incendies a entraîné une pollution de l’air jusqu’à onze fois supérieure à un niveau estimé ’dangereux’, dans certaines parties de Sydney et de Nouvelle-Galles du Sud. »

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L’inaction du gouvernement pointée du doigt

Sous un brouillard épais et permanent, les habitants suffoquent et accusent les autorités australiennes de ne rien faire. Pointé du doigt, le gouvernement a décidé de débloquer l’équivalent de sept millions d’euros pour soutenir les moyens aériens engagés contre ces incendies monstres, indique France info. Mais ce n’est pas suffisant. Pour lutter contre ces feux de forêt, l’Australie peut compter sur 70 000 pompiers, la plus grande armée de soldats du feu au monde. Problème : la plupart sont bénévoles. Pendant qu’ils luttent contre les flammes, ils ne travaillent pas et perdent de l’argent. Les habitants demandent ainsi aux autorités de les aider financièrement.

L’Alliance a également appelé le gouvernement à prendre des mesures urgentes afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre, affirmant que le changement climatique aggrave ces incendies aux « effets dévastateurs sur la santé humaine ».

L'Australie en feu
À environ 100 kilomètres de Sydney, la végétation est en feu. © SAEED KHAN / AFP

La réponse du Premier ministre australien

Jeudi dernier, au lendemain de la manifestation qui a rassemblé 20 000 personnes, le Premier ministre australien est sorti du silence pour qualifier de « troublantes » les fumées toxiques liées aux incendies qui enveloppent depuis plus d’un mois Sydney, sa ville natale. Fait rare, il a reconnu que le changement climatique était l’un des « facteurs » à l’origine des centaines d’incendies responsables de ces fumées toxiques et de la destruction de millions d’hectares. Scott Morrison, ardent défenseur de l’industrie minière australienne, a cependant défendu le bilan de l’Australie en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et n’a annoncé aucune mesure visant à lutter contre le changement climatique.

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