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Le Japon envisage de rejeter l’eau contaminée de Fukushima dans le Pacifique

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Une famille est secourue début octobre à Iwaki, dans la région de Fukushima, où le typhon Hagibis s'est abattu. | © © Kyodo / MAXPPP.

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Le Japon s’apprête-t-il à rejeter l’eau contaminée de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima dans l’air ou dans la mer ? C’est l’une des solutions envisagées par le gouvernement pour se débarrasser des millions de litres d’eau radioactive. L’opposition s’exprime déjà.

Ce sont d’énormes quantités d’eaux contaminées qui sont toujours stockées dans l’enceinte de la centrale de Fukushima, ravagée par le tsunami de mars 2011. Le rejet dans l’environnement (mer ou air) de celles-ci est l’unique option restante après que les experts eurent exclu un stockage de longue durée, ont précisé ce mardi à l’AFP les autorités japonaises. « L’option d’un simple stockage à long terme n’est plus envisagée », a déclaré à l’AFP un haut fonctionnaire d’État souhaitant garder l’anonymat. Et de préciser que l’ambition du gouvernement est de faire place nette à Fukushima Daiichi : une fois les réacteurs démolis et le site nettoyé, il ne devra rien rester, donc pas de citernes d’eau contenant encore au moins du tritium.

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Une quantité massive d’eau contaminée est stockée dans l’enceinte de ce site ravagé par le tsunami de mars 2011. Elle provient de la pluie, des nappes souterraines ou d’injections nécessaires pour refroidir les cœurs des réacteurs entrés en fusion. Filtrée à plusieurs reprises, elle sera à terme débarrassée d’une grande quantité de radionucléides, sauf le tritium, considéré comme moins dangereux pour l’environnement et les êtres vivants.

Enjeu de taille : les J.O. de Tokyo à l’été 2020

Le stockage durable, que recommandaient des organisations écologistes comme Greenpeace, n’étant plus d’actualité, restent trois options jugées les plus faisables, d’un point de vue technique et économique : la dilution en mer, l’évaporation dans l’air ou une combinaison des deux. Des experts, dont ceux de l’Agence internationale de l’énergie atomique, poussent depuis des années pour la dilution en mer. Mais ce n’est pas faisable pour le moment car, comme l’a reconnu la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco), qui exploite la centrale, une grande partie de cette eau est encore lourdement chargée en éléments radioactifs dangereux pour la chaîne alimentaire.

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Shinzo Abe, le Premier ministre japonais, inspecte mi-octobre l’une des zones touchées par le typhon Hagibis. D’énormes quantités d’eau se sont abattues sur le site de la catastrophe nucléaire de 2011. © Kyodo / Maxpp.

Tepco estime cependant que les citernes seront pleines en 2022. Une décision finale ne devrait pas être prise avant les Jeux olympiques de Tokyo à l’été 2020, compte tenu du risque diplomatique. Une sous-commission gouvernementale chargée du dossier étudie ainsi non seulement les implication techniques, mais aussi les potentiels dégâts sur l’image du pays à l’étranger.

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Vers une opposition de la Corée du Sud ?

Le Japon devrait en effet rencontrer une forte opposition, qui s’exprime déjà, des pêcheurs et agriculteurs de la région, ainsi que des groupes de défense de l’environnement et de pays voisins, à commencer par la Corée du Sud. Séoul n’a pas digéré une précédente décision de rejeter en mer des paquets d’eau radioactive juste après l’accident de Fukushima, sans lui avoir demandé son avis.
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