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L’Australie va abattre 10 000 dromadaires sauvages

L'australie va abattre 10 000 dromadaires

Le pays a déjà perdu près d'un milliard d'animaux sauvages à cause des incendies. | © Unsplash / Wolfgang Hasselmann

Environnement & Animaux

Les autorités australiennes ont annoncé devoir abattre 10 000 dromadaires sauvages. En quête d’eau, ils représentent une menace pour les localités aborigènes locales et présentent également un risque de contamination.

 

C’est une annonce qui a de quoi faire frémir. Alors que l’Australie pourrait avoir perdu près d’un milliard d’animaux sauvages à cause des incendies auxquels elle fait face depuis quatre mois, il se pourrait que le nombre s’alourdisse… mais cette fois-ci de manière volontaire. Des snipers vont abattre depuis des hélicoptères 10 000 dromadaires sauvages, en raison de la menace que constituent pour les populations ces animaux qui, du fait de la sécheresse, s’approchent de plus en plus des localités de l’intérieur du pays pour y trouver de l’eau.

Des responsables locaux de l’État d’Australie-méridionale affirment que des troupeaux « extrêmement importants », en quête d’eau et de nourriture, menacent les réserves de ces villages, en plus de provoquer des dégâts et de constituer un danger pour les automobilistes.

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Des risques de contamination

L’immense île-continent a vécu en 2019 son année la plus chaude et sèche, ce qui a non seulement entraîné de dramatiques feux de forêt qui font toujours rage dans certaines régions, mais aussi des pénuries d’eau dans nombre de localités. Cette campagne d’abattage de cinq jours va être conduite dans les territoires de l’Anangu Pitjantjatjara Yankunytjatjara (APY), vaste zone d’administration locale (LGA) située dans l’extrême nord-ouest de l’Australie-méridionale, une première pour cet État. « Ces troupeaux exercent du fait de la quête d’eau des dromadaires une pression sur les localités aborigènes des territoires de l’APY et les activités pastorales », a expliqué dans un communiqué le comité exécutif des territoires de l’APY.

Le ministère de l’Environnement de l’État, qui soutient cet abattage, a expliqué que la sécheresse posait aussi « de graves questions de bien-être animal » car nombre de bêtes sont mortes de soif ou se sont blessées entre elles en se précipitant vers des points d’eau. « Dans certains cas, des carcasses d’animaux morts ont contaminé d’importantes sources d’eau et des sites culturels », a expliqué une porte-parole du ministère. Importées d’Indes dans les années 1840 par les colons, et évoluant sans prédateur naturel, les dromadaires se sont reproduits et sont considérés comme un nuisible qui contamine les sources d’eau et met en péril des zones fragiles ainsi que la faune et la flore indigènes. L’Australie serait désormais le pays comptant la plus vaste population de dromadaires sauvages au monde, avec certaines estimations officielles faisant état d’un million de bêtes dans les étendues désertiques du centre.

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La quantité de dromadaires a rendu impossible de rassembler et de revendre ces animaux sauvages, comme ce fut souvent le cas. D’où la décision d’en supprimer 10 000. La chaîne publique ABC rapporte que les dromadaires seraient abattus loin des villages et que leurs cadavres seraient brûlés. Le nombre de dromadaires a fluctué au fil des décennies. Estimée à un million dans les années 2000, la population avait diminué d’un quart à la fin de cette décennie en raison de la sécheresse qui avait tari plusieurs points d’eau. Les autorités avaient mis en place en 2009 un programme de gestion des dromadaires sauvages et la population avait été ramenée en 2013 à 300 000 individus, après des abattages massifs réalisés, déjà, depuis des hélicoptères, sur une région de plus de trois millions de kilomètres carrés.

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