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Mais au fait, comment se forment tous ces incendies en Australie ?

Depuis des mois les incendies ravagent l'australie

Cela fait des mois que le pays brûle. | © AFP

Environnement & Animaux

Les flammes continuent de grignoter l’île-continent de toute part. D’origine humaine ou naturelle, les feux peuvent se former de plusieurs manières. Explication. 

 

10 millions. C’est le nombre d’hectares de forêts qui sont partis en fumée en cinq mois en Australie. À titre de comparaison, les feux qui ont ravagés la Californie en 2018 avaient détruit près de 500 000 hectares de brousse. Pourquoi sont-ils si importants sur l’île-continent ? Pourquoi sont-ils si nombreux ? L’année 2019 a été la plus chaude et la plus sèche depuis le début des relevés métrologiques en 1978. La sécheresse, omniprésente pendant cette période censée être la « saison des pluies », transforme de nombreux éléments organiques en combustibles, ce qui nourrie facilement les flammes.

Mais pour que la forêt s’embrase, il faut qu’il y ait des flammes, et avant cela, une étincelle. Au vu du nombre de points d’ignition qui se trouvent sur le sol australien, on peut se demander comment la flamme se crée et comment elle se déplace.

Comment se forment les feux d’origine naturelle

La foudre localisée. Les orages secs – sans pluie – sont propices aux départs d’incendie. En général, la foudre frappe un endroit bien précis. Elle n’est pas à l’origine de tous les feux présents en Australie mais elle est probablement à l’origine des tous premiers grands foyers.

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Les orages de « feu ». Les feux de forêt en Australie sont si intenses – leur fumée a été repérée au Chili, à 12 000 km de là – qu’ils génèrent leurs propres phénomènes météorologiques, les « orages de feu » aux éclairs dévastateurs. Comment ? Les grands incendies provoquent une chaleur extrême et un grand panache de fumée qui, en s’élevant dans le ciel, interagit avec l’humidité de l’air pour former un nuage. « Les chocs des particules de glace situées dans les parties supérieures très froides de ces nuages provoquent une accumulation de charge électrique, qui est libérée par des éclairs géants », explique le bureau météorologique australien. Ces orages ont tendance à être accompagnés de très peu de pluie de sorte que quand la foudre frappe le sol, très sec, cela génère de nouveaux incendies dans les environs.

Le vent. Le danger ne s’arrête malheureusement pas là. Les incendies peuvent aussi projeter des braises jusqu’à 30 kilomètres au-delà de l’endroit où l’orage s’est produit. Et les nuages peuvent aussi produire de puissants courants ascendants et des « rafales descendantes » générant des vents extrêmement violents pouvant attiser les flammes existantes. Dans des endroits où la foudre n’a pas frappé et où les flammes ne se sont pas propagées, on constate la présence d’innombrables points d’ignition, de tous petits foyers. C’est en fait ces particules enflammées, qui sont la plupart du temps, des morceaux d’écorces ou des feuilles, qui ont été arrachées de leur foyer principal puis transportées par le vent pour venir contaminer d’autres endroits. Le tronc de l’eucalyptus est composé de bandes d’écorces qui se détachent très facilement. Elles sont suffisamment épaisses pour conserver une bonne source de chaleur, voire, une petite braise.

Comment l’homme provoque des départs d’incendie sans le vouloir

Le réseau électrique vétuste. Une étincelle peut se former avec un court-circuit. Il suffit d’un peu de vent pour chanceler deux lignes électriques avant que celles-ci ne s’entrechoquent. En Californie, le réseau électrique vieillissant a été jugé responsable de la gravité des incendies en 2017. La société de production d’électricité en Californie a d’ailleurs été condamnée pour son non-entretien de son matériel.

Le réseau ferroviaire. Beaucoup de lignes de trains longent les routes qui traversent ou contournent de grands parcs naturels composés de forêts d’eucalyptus ou de pins. Le passage d’un convoi ferroviaire peut entraîner la formation de nouveaux points d’ignition. «Le frottement des roues en métal contre les rails crée une étincelle, qui, confrontée à une végétation extrêmement sèche, permet un embrasement instantané», explique Dominique Morvan, spécialiste de la physique des feux et enseignant-chercheur à l’Université Aix-Marseille. En d’autres termes, les trains sont des briquets sur roues. Exemple en vidéo ci-dessous.

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Le trafic routier. A l’instar des trains, les véhicules qui évoluent sur la chaussée peuvent entraîner la formation d’incendies, par l’ignition causée par le frottement des freins par exemple. La nuit au bord des routes et des rails, il est possible d’observer des petites braises sur des milliers de kilomètres.

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