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Les animaux fantastiques, à la rescousse de la médecine et de l’environnement

Les animaux pourraient détenir les secrets de l'immortalité | © ©Flickr -

Environnement & Animaux

Non, ce n’est pas le prochain roman de J.K. Rowling : ces animaux fantastiques existent bel et bien. Capables de se régénérer, de ressusciter ou de dégrader le plastique, ils permettraient, à terme, d’améliorer la vie humaine.

De la grenouille qui gèle au rat qui résiste aux maladies, en passant par le poisson fossile, la liste est longue. Le point commun entre ces animaux ? Ils ont tous une faculté spéciale qui intéresse les scientifiques. Récemment encore, un ver a beaucoup fait parler de lui. Capable de digérer le plastique, il serait peut-être le nouvel espoir de l’environnement.

Le ver écologique

C’est une chercheuse au Spanish National Research Council, Federica Bertocchini, qui a fait la découverte des propriétés du ver de cire. Redouté des apiculteurs pour son appétit pour la cire d’abeilles, c’est dans ses ruches que la scientifique a observé les particularités de cet asticot. Le temps de nettoyer les cadres de ses ruches, elle a enfermé les petits insectes dans un sac plastique. Quelques minutes plus tard, le sac avait disparu, englouti par les vers. Une expérience qui démontre que ces petites larves sont capables de dégrader le polyéthylène, principal constituant des sacs plastiques, en le mangeant.


Aujourd’hui, plusieurs scientifiques se penchent sur la question, qui permettrait, à terme, de dégrader une bonne partie des déchets polluants.

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Parmi ces chercheurs, il y a le docteur Frédéric Saldmann. Cardiologue et nutritionniste français, il est l’auteur de plusieurs bestsellers sur la santé comme Prenez votre santé en main !  ou Votre santé sans risque. Dans l’un de ses livres : La vie et le temps , le chapitre « Le zoo de Mathusalem » est entièrement dédié aux capacités qu’ont certains animaux à prolonger leur vie.

Rufus : le rat taupe nu

Connu sous le nom de Rufus dans le dessin animé Kim Possible cet animal est en réalité un rat taupe nu. Fasciné par ce rongeur, le docteur Frédéric Saldmann, a fondé le Centre Scientifique qui étudie le rat taupe nu. « Cette petite souris originaire d’Afrique de lEst a une durée de vie de 30 ans, c’est-à-dire 600 années humaines, durant lesquelles elle ne meurt ni de maladies, ni de vieillissement », explique le docteur Saldmann. Les chercheurs ont observé que, même exposée à des cancérogènes puissants, la petite bête n’attrape rien. « Ce qu’il se passe, c’est qu’au bout de 30 ans, l’animal meurt en bonne santé sans signes de vieillissement, avec la peau intacte et les artères intactes », poursuit-il.

©Flickr – Josh More

Cette récente découverte est particulièrement intéressante pour l’espèce humaine, car le code génétique de ces rongeurs ressemble à 93% à celui de l’homme. Ces études permettraient peut-être de préserver la vie humaine de certaines maladies comme le cancer, Alzheimer, ou encore le SIDA.

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La grenouille mutante

« Il existe beaucoup d’autres animaux », poursuit le docteur Saldmann. « La rana sylvatica, qui est une grenouille originaire d’Alaska, a la capacité de congeler et de décongeler grâce à un anti-gel qu’elle produit dans son sang ». Cet anti-gel permet de préserver les molécules durant la congélation, au cours de laquelle toutes les fonctions vitales de l’amphibien cessent. La petite grenouille peut rester dans cet état de cryogénisation pendant plusieurs mois.

©Flickr – Andrew Hoffman

Le poisson fossile

Retour en Afrique où il existe un poisson capable d’hiberner sans boire ni manger, et en ne rejetant aucun déchet pendant près de cinq ans. Ces capacités exceptionnelles du dipneuste intéressent les scientifiques. Et pour cause, l’étude d’un tel spécimen permettrait de faire d’énormes avancées dans la médecine en parvenant à mettre les humains en biostase, c’est à dire mettre leur vie à l’arrêt.

©Flickr -Joel Abroad

Cette particularité intervient surtout en cas de grandes sècheresses. Le dipneuste s’enterre alors dans la vase africaine et reste en « hibernation » jusqu’à l’arrivée de conditions plus favorables. Durant ce long sommeil, le poisson sécrète un liquide qui lui permettra de créer un cocon et ainsi de se protéger de tout danger. Pendant cette phase appelée l’estivation, les gènes qui s’occupent de la destruction des déchets de l’organisme sont très actifs, ce qui permet de ne pas conserver de déchets nocifs dans le foie et donc de ne pas produire de déchets. En revanche, les gènes coagulants, eux, sont désactivés, ce qui fait que le sang coule continuellement permettant à l’animal de ne pas dépenser dénergie. S’inspirer des animaux pour trouver le secret de la vie éternelle ? Pas bête !

 

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