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Dans les Alpes, les Arcs font rimer le ski avec écologie

Dans les Alpes, les Arcs font rimer le ski avec écologie

Le domaine se compose de 5 sites : Arc 2000, Arc 1950, Arc 1800, Arc 1600 et Bourg-Saint-Maurice. | © ParisMatch.be / Elodie Métral

Environnement & Animaux

ParisMatch.be s’est rendu aux Arcs, afin de constater comment l’industrie du sport d’hiver entame le tournant de l’écologie.

 

Les vacances au ski ont de moins en moins le vent en poupe ces dernières années. Entre le budget non négligeable et l’impact écologique important, les pistes attirent de moins en moins. Malgré tout, 1,5 million de Belges disent partir régulièrement aux sports d’hiver. Et raison en est, le respect de l’environnement n’est pas forcément contraire au ski. Depuis quelques années, les stations de ski cherchent à rendre leur activité plus verte, une manière de respecter la nature qui les entoure et de faire aussi plaisir aux touristes. ParisMatch.be s’est rendu aux Arcs, une station au cœur des Alpes françaises, qui a pour ambition de mettre l’écologie au centre de son développement.

Le transport, responsable de plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre

Un séjour aux sports d’hiver commence bien avant de chausser ses skis, dès que l’on ferme la porte de chez soi. Que l’on prenne sa voiture, le train ou un avion, l’impact environnemental est bien différent. Et pour cause, selon une étude, le transport serait responsable de 57 % des gaz à effet de serre lors d’un voyage au ski.

Le train est la meilleure solution pour limiter son impact environnemental. La différence entre le train et la voiture n’est pas négligeable. Sur le total du trajet Bruxelles – Arc 1600, une famille en voiture émettra presque 130 000 g de CO2, alors qu’avec le train et le funiculaire, le trajet émettra un peu moins de 3 000 g de CO2. Le train est donc 45 fois moins polluant que la voiture. Le funiculaire est d’autant plus pratique qu’il est compris dans le forfait de ski. La solution préférée des touristes pour rejoindre le domaine, tout comme des employés de la station. Pour accéder aux différents sites, des navettes fonctionnent toute la journée. La voiture n’est donc pas du tout indispensable pour se rendre aux Arcs.

Concernant les navettes, elles ne sont pour l’instant pas électriques. Un petit bémol qui est vite relativisé : les Arcs ont essayé par le passé des navettes électriques, mais cela ne fonctionnait pas très bien. Avec des températures régulièrement en dessous de -10°C, les batteries électriques n’ont pas tenu le coup toute la journée dans le froid. Par contre, pour les particuliers avec des voitures électriques, des bornes sont disponibles dans les parkings des différents sites.

La durée du trajet est également plus avantageuse en train. Alors que le train et le funiculaire mettent un peu moins de 7 heures cumulées, le trajet en voiture dure environ 9 heures.

Flocon Vert : un label pour les stations de ski engagées dans l’écologie

Afin d’aider les usagers à mieux choisir sa station en fonction de ses engagements écologiques, l’association Mountain Riders a lancé en 2011 le label Flocon Vert. Avec plus de 70 partenaires, experts en tourisme du développement durable et de la montagne, l’association a établi des critères d’éligibilité pour obtenir ce précieux label. Pour l’instant, six stations françaises arborent fièrement cette précieuse distinction, et les Arcs souhaitent bien l’obtenir cette année.

Défendre des valeurs écologiques va bien plus loin que le simple fait de trier ses déchets ou de réduire sa consommation énergétique. Le domaine skiable des Arcs a donc créé en 2012 un Observatoire de l’environnement qui étudie et répertorie les espèces qui habitent. Concrètement, il permet de prédire l’impact qu’aura un nouveau projet – avec de nouvelles installations – sur la faune et la flore. Des photos sont prises avant, et 5 ans après, une modification apportée. Ils peuvent ainsi vérifier si la biodiversité et l’écosystème n’ont pas été endommagés. Et si la faune et la flore ne sont pas exactement pareilles, ils peuvent les ramener de manière artificielle par exemple, comme avec des fleurs. Un toit végétalisé au-dessus du télésiège Pré Saint-Esprit permet ainsi de domicilier plus de 2 millions d’abeilles.

Le téléphérique de l'Aiguille Rouge nous emmène au sommet du domaine, à 3 226 mètres d'altitude aux Arcs
Le téléphérique de l’Aiguille Rouge nous emmène au sommet du domaine, à 3 226 mètres d’altitude. © ParisMatch.be / Elodie Métral

Les Arcs prônent également pour un enneigement « raisonné » du domaine. Avec 70 % du domaine situé au-dessus de 2000 mètres d’altitude, la neige est généralement naturellement présente. Cependant, lorsque la neige de culture est nécessaire, les 600 canons à neige (qu’il faut désormais appeler « enneigeurs ») sont eux aussi plus respectueux de l’environnement. Pour créer de la neige artificielle, les seuls éléments indispensables sont l’eau, l’air et le froid. Aucun additif n’est ajouté à cette eau, qui provient uniquement de la fonte des neiges ou des réserves de pluies. Sans produit chimique, « la neige est circulaire » et s’intègre naturellement au cycle de l’eau. De plus, grâce à des analyses de données, la station produit uniquement la quantité de neige dont elle a besoin, et en fonction des pistes. Le but est d’avant tout respecter la nature et ses saisons. La station veille à la bonne durée de l’hiver, et n’essaye pas de la rallonger à tout prix.

Bien que les infrastructures liées au ski (comme les remontées mécaniques, les canons à neige, le damage…) ne représentent que 2 % des émissions de CO2 d’un séjour au ski, les Arcs ont décidé de prendre quelques mesures. Ainsi, pour toutes les nouvelles remontées mécaniques qui seront installées, des panneaux solaires leur permettront d’être totalement autonome en énergie. Cette technologie existe depuis seulement 2 ans, et elle est déjà utilisée par le téléphérique pour monter à l’Aiguille Rouge, à plus de 3 200 mètres d’altitude.

Au sommet du téléphérique, la vue sur le Mont Blanc est imprenable aux Arcs
Au sommet du téléphérique, la vue sur le Mont Blanc est imprenable. © ParisMatch.be / Elodie Métral

Une demande des skieurs qui en veulent plus pour l’écologie

« Depuis trois ans, nous avons eu beaucoup de retour et de questions de la part des visiteurs sur ce que l’on faisait pour l’environnement. Ils se plaignent notamment des mégots de cigarettes retrouvés dans la neige… ils se sentent concernés », confie Marion Grognet, la directrice marketing et communication des Arcs. Chaque année, la station organise un « grand nettoyage » en juin. Tous les habitants de la région, les saisonniers et également les touristes sont invités à venir passer la journée à Arc 1800 pour ramasser les déchets. Une manière de nettoyer la nature en agissant concrètement. L’année dernière, 650 kg de déchets ont été collectés.

En plus du label Flocon vert, le prochain gros objectif sera d’arriver au zéro plastique sur tout le domaine. Un défi de taille pour la station qui doit se mettre au diapason avec tous ses différents partenaires. Et le nombre d’acteurs n’est pas un frein mais une force pour le domaine. Les restaurateurs sont particulièrement investis dans cette avancée écologique et ont déjà pris des initiatives : couverts et pailles 100 % biodégradables, circuits courts et produits locaux, trie et recyclage… Marion Grognet a l’ambition de mener à bien cette lutte contre le plastique d’ici 3 ans. Et parce que cette démarche pour réduire l’empreinte carbone est une action commune, la station a lancé pour la première année une campagne « Le grand panel ». La question est simple : Que pouvons-nous faire ensemble pour l’environnement aux Arcs. Les meilleures idées seront par la suite appliquées dans un second temps.

Arc 2000, le site le plus élevé du domaine, avec de la neige jusqu'en avril
Arc 2000, le site le plus élevé du domaine, avec de la neige jusqu’en avril. © ParisMatch.be / Elodie Métral

Respecter l’environnement, c’est aussi prendre le temps de l’admirer. Tous les bâtiments ont été construits de manière à avoir une vue imprenable sur la nature. Et parce que protéger la nature est la mission de tous, voici quelques petits conseils à appliquer vous-même lors de votre voyage au ski : utilisez un cendrier de poche, baissez le chauffage de votre appartement (1°C en moins, c’est 7 % d’énergie économisé), ne skiez pas dans la forêt pour le bien-être des animaux, ramassez vos déchets lorsque vous pique-niquez sur le bord des pistes…

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