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Total assigné en justice pour inaction climatique

une entreprise Total en France

Une raffinerie de pétrole Total en France. | © DAMIEN MEYER / AFP

Environnement & Animaux

En France, un collectif a annoncé mardi avoir assigné le géant pétrolier Total en justice pour lui demander « d’agir de manière préventive » contre le réchauffement climatique.

Ils l’avaient annoncé lundi, ils l’ont fait. Un collectif de plusieurs villes et associations françaises ont lancé le premier contentieux climatique contre une entreprise française, en assignant mardi Total en justice. Pour comprendre cette action judiciaire, qui s’annonce d’ores et déjà longue, il faut remonter à mars 2019. Il y a près d’un an, le géant pétrolier a publié son premier « plan de vigilance », un document pour prévenir les risques en matière d’environnement que toute entreprise française de plus de 5 000 salariés doit fournir selon la loi de février 2017. Un « plan de vigilance » dont les mesures sont « clairement insuffisantes » au regard des objectifs fixés par l’accord de Paris, estime le collectif. Le groupe classé parmi les 20 plus gros émetteurs de CO2 au monde doit réhausser ses ambitions climatiques.

« Nous leur demandons des comptes mais aussi des actions positives et concrètes pour nos populations et nos territoires », a insisté Patrick Jarry, maire de Nanterre, à moins de deux mois des élections municipales. « À Grenoble, les conséquences du changement climatique sont déjà visibles : d’ici 2050, les Grenoblois subiront trois mois de canicule par an, et la neige va continuer à disparaître l’hiver. Les glaciers fondent, les montagnes s’effritent », a dénoncé Eric Piolle, le maire écologiste sortant de Grenoble. Plusieurs représentants des ONG à l’origine du recours, dont Sherpa ou France Nature Environnement, se sont joints aux critiques des maires, rappelant que Total était « légalement tenu d’évaluer les risques et prendre des mesures qui s’imposent ».

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Mettre un terme à ses activités « climaticides »

Se fondant sur un rapport publié par l’ONG britannique CDP, le collectif souligne que les émissions de gaz à effet de serre de la multinationale française « représentent à elles seules plus des deux tiers de l’ensemble des émissions de la France ». Dès juin 2019, ils avaient mis Total « en demeure de prendre des mesures nécessaires pour prévenir les risques majeurs liés au changement climatique ».

« Ce contentieux est une occasion forte de mesurer, au regard des applications faites par le juge, la portée concrète de la loi sur le devoir de vigilance, explique Florence Denier Pasquier, vice présidente de France Nature Environnement, cité par Usbek et Rica. In fine, bien sûr, notre demande, aux côtés d’une quinzaine de collectivités territoriales, est que le groupe Total mette un terme à ces activités climaticides. La nécessité de passer du discours aux actes : c’est tout le message qui doit être adressé à ce groupe et à tous les acteurs. »

La réaction de Total

De son côté, le géant pétrolier affirme « regretter » la démarche engagée par les collectivités et les associations « alors que des solutions pour répondre à la fois au besoin d’une énergie accessible à tous et aux enjeux du changement climatique nécessitent une coopération entre les différents acteurs ». Outre le développement d’énergies moins polluantes, le groupe met en avant ses investissements dans des puits naturels de carbone (forêts…) et dans le CCUS (captage, stockage et valorisation du CO2) ou encore ses efforts pour limiter ses fuites de méthane, un gaz très nocif pour le climat.

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