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Thred Up : Le site pour enfin connaître l’impact écologique de sa garde-robe

empreinte écologique de sa garde-robe

Consommer moins mais mieux, est déjà une manière de réduire son impact sur l'environnement. | © Alyssa Strohmann/Unsplash

Environnement & Animaux

Et tenter de la réduire.

 

Les ventes de chaussures et de vêtements augmentent sans cesse. L’offre explose, les prix sont toujours de plus en plus cassés et le commerce en ligne offre la possibilité d’acquérir sur un coup de tête des vêtements avec une facilité déconcertante. En Europe, la quantité de vêtements achetés a augmenté de 40 % entre 1996 et 2012, d’après l’Agence européenne pour l’environnement (EEA). Et il n’y a pas de ralentissement en vue. Chaque année, c’est en millions de tonnes que se comptent les vêtements et chaussures achetés par les Européens. À l’échelle mondiale, Greenpeace estimait la consommation mondiale à plus de 100 milliards de vêtements.

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Ces chiffres fous donnent le tourni. Et malgré tout, ils sont en augmentation constante. À tel point que l’industrie de la mode reste l’une des plus polluantes au monde. « En matière d’émissions de gaz à effet de serre, la production et la consommation associées au secteur textile seraient responsables de l’émission de 1,7 milliard de tonnes de CO2eq par an », souligne un rapport publié par Oxfam en 2019. Cela représente près de 10 % des émissions totales selon les Nations unies. C’est autant que les émissions des transports aérien et maritime réunis. Sans compter la quantité aberrante d’eau utilisée pour la fabrication de chaque nouvelle pièce. « En terme de ressources hydriques, on estime que 3% de l’eau d’irrigation est utilisée pour la seule culture du coton. Selon le dernier rapport « Pulse of the fashion industry », l’industrie textile aurait utilisé 79 milliards de mètres cubes d’eau en 2015. À titre d’exemple, l’étape de teinture exigerait jusqu’à 150 litres d’eau par kg de tissu ».

C’est autant que les émissions des transports aérien et maritime réunis.

Mais comment connaître l’impact de nos vêtements sur l’environnement ? Comment savoir si notre consommation de textiles est au-dessus de la norme ou si elle n’est pas trop problématique pour l’environnement ? Pour nous aider, l’un des plus gros sites de vente en ligne de vêtements de seconde main, Thred Up, a décidé de lancer son calculateur d’empreinte écologique : Thred Up, fashion footprint. Afin de se rendre compte à quel point notre garde-robe peut être polluante. Il se penche sur nos habitudes de consommation, le nombre de fois où on achète des vêtements, combien de pièces, si on les achète en ligne ou en magasin, de seconde main ou neuf, si les marques que l’on choisit sont durables, combien de fois par semaine on lave ses vêtements, etc.

impact environnemental de nos vêtements
L’utilisation de nos vêtements est responsable d’une grande part de son empreinte écologique. ©Nik MacMillan/Unsplash

Car de toutes les étapes du cycle de vie d’un shirt, c’est bien son utilisation qui serait la plus émettrice de gaz à effet de serre (52%). Sa fabrication étant responsable de 26% du total des émissions et la production de matières premières de 14%. En d’autres termes, c’est

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Mais alors, comment réduire son impact environnemental ?

Le consommateur a un réel pouvoir lorsqu’il achète des vêtements. Décider d’acheter neuf, dans une chaîne de fast fashion, de seconde main ou dans une marque durable aura des conséquences très différentes sur la planète. Il existe plusieurs manières de réduire le coût énergétique d’un t-shirt une fois qu’il est produit.

  • La seconde main

C’est indéniablement la meilleure manière de réduire son empreinte écologique : ne pas consommer neuf. Abandonner son envie de vouloir toujours coller aux nouvelles tendances et revenir aux basiques. Les magasins de seconde main courent les rues. Vintage, de luxe, spécialisés ou pour la vie de tous les jours, vous avez le choix des boutiques qui proposent des belles pièces à prix ridicules. Zéro Carabistouille, le blog de la famille belge qui a adopté la philosophie zéro déchet, a dressé une liste non exhaustive mais détaillée des magasins de seconde main en Belgique. De manière plus officielle, les autorités wallonnes ont référencé sur leur portail destiné à la réduction des déchets la plupart des magasins de deuxième main en Wallonie. Voilà déjà de quoi découvrir quelques bonnes adresses. Les vide-dressing, brocantes et autres ventes au kilo sont également des bonnes manières de trouver des perles rares qui ne sortent pas directement de l’usine.

vêtements de seconde main
Les magasins de seconde main sont une bonne manière de réduire sa consommation de vêtements neufs. ©Becca McHaffie /Unsplash
  • Les marques durables

Si vous consommez neuf, il vaut alors mieux acheter peu de pièces de qualité plutôt qu’un tas de t-shirts à 10 euros. Oui, cela coûte plus cher, mais à long terme, on dépensera sans aucun doute moins d’argent puisque nos vêtements resteront en meilleur état plus longtemps. « On a l’impression qu’un t-shirt à ce prix c’est normal et que ce qu’on achète dans les magasins éthiques est cher. Mais c’est l’inverse. Il faut se réhabituer au fait qu’un t-shirt en dessous de 25 €, ce n’est pas normal » , souligne Adeline du magasin aux marques éthiques et équitables WeCo Store, à Bruxelles. Pour les chaussures, surtout, il est possible de trouver un tas de marques durables aux prix pas spécialement exorbitants.

Pour les vêtements, il est possible de choisir votre combat : fabrication éthique, matériaux vegans, fibre recyclée, promesses de plantations d’arbres, soutien aux sans-abri ou aux travailleurs. En plus d’un impact sur l’environnement, votre garde-robe peut même véritablement changer la donne au niveau social.

  • Choisir ses matériaux

Préférer le coton bio au coton classique permet de réduire de 88% l’utilisation d’eau et de 62% l’énergie produite par le coton conventionnel qui utilise environ 16% des insecticides et 7% des pesticides commercialisés dans le monde. Par ailleurs, le polyester est également à proscrire. En effet, d’après Oxfam, toujours, « les émissions par kg de ce type de fibre plastique est en moyenne trois fois plus importantes que pour le coton ». On peut lui préférer le polyester aux fibres recyclées, par exemple.

  • Préserver ses vêtements

Enfin, on peut aussi faire en sorte de garder ses vêtements en bon état le plus longtemps possible. Pour ce faire, il faut tout d’abord les acheter de meilleure qualité et éviter les pièces de fast fashion. Ensuite, on peut réduire son empreinte écologique liée à leur utilisation en les lavant moins. Cela permet non seulement d’éviter de déverser des produits chimiques dans la nature mais également de réduire les quantités d’eau gaspillées et d’éviter d’abimer les fibres du tissu trop rapidement.

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