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Un tiers de toutes les espèces végétales et animales pourrait disparaître d’ici 50 ans

Un tiers de toutes les espèces végétales et animales pourrait disparaître d'ici 50 ans

La biodiversité est en danger. | © Pixabay / David Mark

Environnement & Animaux

Si les températures maximales augmentent de plus de 2,9°C, ce sont presque toutes les espèces qui disparaîtraient.

 

C’est une étude inquiétante qui confirme bien l’urgence d’agir en faveur de l’environnement. Selon des chercheurs américains, un tiers de toutes les espèces – que ce soit végétales ou animales – pourrait disparaître d’ici 50 ans, et ce à cause du changement climatique provoqué par l’homme.

Cette nouvelle étude accablante sur l’impact de l’humanité sur les écosystèmes du monde entier confirme ce que d’autres scientifiques avaient déjà trouvé, comme quoi l’homme est bien responsable d’une sixième extinction de masse. Les chercheurs ont examiné les extinctions récentes dues au changement climatique, ainsi que les taux de déplacement des espèces et diverses projections des conditions climatiques futures. L’équipe a utilisé les données de 538 espèces sur 581 sites dans le monde et s’est concentrée sur des espèces qui avaient été étudiées au même endroit à au moins 10 ans d’intervalle. La conclusion est sans appel : 44% des espèces avaient déjà disparu sur un ou plusieurs des sites qu’elles avaient habités auparavant.

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« En analysant l’évolution de 19 variables climatiques sur chaque site, nous avons pu déterminer quelles variables sont à l’origine des extinctions locales et quelle quantité de changement une population peut tolérer sans s’éteindre », explique Cristian Román-Palacios du département d’écologie et de biologie de l’évolution de l’Université de l’Arizona. « Nous avons également estimé la vitesse à laquelle les populations peuvent se déplacer pour tenter d’échapper à la hausse des températures. Lorsque nous rassemblons toutes ces informations pour chaque espèce, nous pouvons obtenir des estimations détaillées des taux mondiaux d’extinction pour des centaines d’espèces végétales et animales. »

Un tiers de toutes les espèces végétales et animales pourrait disparaître d'ici 50 ans
Les espèces vivant sous les tropiques vont être les premières victimes. © Pexels / icon0.com

Les espèces ne pourront pas changer d’habitat assez rapidement

Les chercheurs se sont tout d’abord intéressés à l’augmentation des températures annuelles moyennes, mais ils se sont rendu compte que ces changements de température sont les plus faibles sur les sites où il y a eu une extinction locale. « Cela signifie que l’utilisation des changements des températures annuelles moyennes pour prédire une extinction, à cause du changement climatique, pourrait être indéniablement trompeuse », détaille le professeur John Wiens, également de l’Université de l’Arizona.

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Les chercheurs ont déclaré que des études précédentes se sont concentrées sur la migration des espèces vers des habitats plus frais, comme moyen pour les animaux et les plantes de « s’échapper » du réchauffement climatique. Malheureusement, cette nouvelle étude indique que la plupart des espèces ne pourront pas fuir assez rapidement pour éviter l’extinction, si l’on se base sur leurs taux de déplacement passés.

Les scientifiques ont constaté que de nombreuses espèces étaient capables de tolérer certaines augmentations des températures, mais seulement jusqu’à un certain point. Environ la moitié des espèces ont connu des extinctions locales si les températures maximales augmentaient de plus de 0,5 °C, et presque toutes les espèces (95 %) disparaissaient si les températures maximales augmentaient de plus de 2,9 °C. « Si nous nous en tenons à l’accord de Paris pour lutter contre le changement climatique, nous pourrions perdre moins de deux espèces végétales et animales sur dix, sur Terre d’ici 2070. Mais si les humains provoquent des augmentations de température plus importantes, nous pourrions perdre plus d’un tiers, voire la moitié de toutes les espèces animales et végétales, selon nos résultats », alerte avec inquiétude le professeur Wiens.

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Selon l’étude, les extinctions devraient être deux à quatre fois plus fréquentes sous les tropiques que dans les régions tempérées. « Un gros problème » pour Cristian Román-Palacios, sachant que « la majorité des espèces végétales et animales se trouvent sous les tropiques ».

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