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Tesla autorisé à raser une forêt berlinoise pour sa « Gigafactory »

tesla rase une forêt

Les travaux ont repris sur le chantier de la future "Gigafactory" de Tesla, le 21 février. | © Bernd Settnik/dpa-Zentralbild/dpa

Environnement & Animaux

Malgré la pression des militants écologistes, Tesla va pouvoir poursuivre sa déforestation en vue de la construction de son usine près de Berlin.

Le bras de fer entre Tesla et les militants écologistes aura été de courte durée. Le chantier de la première usine européenne du constructeur automobile américain est de nouveau opérationnel.  Jeudi soir, le tribunal administratif supérieur de Berlin-Brandebourg a levé la suspension provisoire des travaux qu’il avait ordonnée le 17 février, soit seulement quelques jours plus tôt, après le recours d’un collectif vert contre la coupe de 90 hectares d’arbres, soit l’équivalent de près de 130 terrains de football. La décision étant définitive, c’est une lourde défaite pour les activistes environnementaux locaux.

« La mission de Tesla est d’accélérer la transition mondiale vers un schéma énergétique durable, en rendant de plus en plus accessibles les véhicules électriques et les solutions énergétiques », peut-on lire sur le site du constructeur automobile. Pour respecter ses engagements, Elon Musk, PDG de l’entreprise, a donc recours à la déforestation. Outre la disparition de ces arbres, les écologistes de la « Grüne Liga » (Ligue verte) craignent les conséquences de l’usine sur « l’approvisionnement en eau potable » de la région et les « risques d’augmentation du trafic routier ». Ce qui pourrait avoir un effet néfaste sur la faune et la flore de la région allemande.

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Pas de permis de construire définitif

Les activistes dénoncent également le fait que Tesla ne dispose toujours pas de permis de construire définitif. Ce dernier est soumis à plusieurs procédures, dont un audit « externe » qui doit être mené prochainement. Après la signature du contrat de vente des terres entre l’exécutif régional et l’entreprise américaine en janvier, le constructeur avait été autorisé à commencer les travaux pour cette usine de 300 ha « à ses propres risques », en attendant l’autorisation définitive.

« Tesla doit se soumettre aux mêmes procédures que les autres entreprises », estimait en début de semaine le collectif écologiste dans un communiqué. Dans sa décision de jeudi, le tribunal estime au contraire que « les exigences légales pour le démarrage précoce de la construction de l’usine ont été respectées ». En protestation, quelques militants ont grimpé vendredi matin sur des arbres dans la zone des travaux.

Cette usine, annoncée en novembre par Elon Musk, doit fournir le marché européen en véhicules, batteries et motorisations, à commencer par les Model Y et 3. Le constructeur américain, qui s’est imposé comme leader sur le marché des voitures électriques alors que les constructeurs allemands tentent de rattraper leur retard, vise sur ce site une production annuelle de 500 000 automobiles. La production devrait commencer en 2021, selon les informations publiées par Tesla sur son site web.

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