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Clément Viktorovitch veut apporter un nouveau regard sur le réchauffement climatique [VIDÉO]

Clément Viktorovitch dans Clique

Clément Viktorovitch dans "Clique". | © Capture d'écran YouTube/Clique/Canal+

Environnement & Animaux

Professeur en rhétorique, Clément Viktorovitch décrypte les discours écologiques et propose une nouvelle approche pour éveiller les consciences. Une vidéo d’utilité publique.

 

La révélation télé de l’année 2019 a encore frappé. Chroniqueur de « Clique », sur Canal+, Clément Viktorovitch décrypte et déconstruit les discours qui font l’actualité afin de donner à chacun les outils analytiques nécessaires pour se forger sa propre opinion sur les débats et controverses qui animent le monde aujourd’hui. Lors de l’émission du 24 février, ce professeur en rhétorique, en s’attaquant aux discours des écologistes, s’est posé une question : Quelle est l’émotion la plus à même de mobiliser les foules dans la lutte contre la crise environnementale ?

Lors de son discours à l’ONU en septembre dernier, Greta Thunberg utilisait la colère, « la sienne, celle des jeunes à l’égard des responsables politiques et, plus généralement, de la génération précédente », explique le trentenaire. Si cette émotion mobilisatrice est efficace – le succès des marches pour le climat en sont la preuve -, elle échoue « assez naturellement » à mobiliser ceux contre lesquels elle est dirigée. Sur le plateau de « Clique », en février, l’astrophysicien français Aurélien Barrau penchait plutôt pour la peur. Cette émotion « crée la volonté d’échapper à ce qui est en train de nous causer de l’effroi. Le problème, c’est que la peur peut jouer à contre-emploi, et je crois que c’est ce qu’il se passe dans une partie des discours sur le réchauffement climatique : elle peut susciter du déni (le climatoscepticisme) ou du découragement », analyse Clément Viktorovitch.

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Garder espoir

Ces deux émotions – la peur et la colère – sont, selon lui, « légitimes » et « nécessaires » au sein du discours écologiste, mais elles ne sont pas « suffisantes ». Il y a six autres émotions de base qui peuvent être mobilisées : la honte, le dégoût, la tristesse, le mépris, la surprise et la joie. C’est cette dernière, ou plus précisément l’une de ses variations, l’espoir, que le chroniqueur français a décidé de mettre en avant. « Je crois effectivement que c’est la dimension qui manque aujourd’hui aux discours écologistes. Il faut réussir à construire un récit porteur d’espoir », confie-t-il. Comme exemple, Clément Viktorovitch a décidé de prendre le nouveau documentaire 2040. Réalisé par l’Australien Damon Gameau et raconté par Kyan Khojandi, ce film, plein d’optimisme, cherche des solutions concrètes pour la sauvegarde de la planète.

Nouveau départ

« En ce moment, nous voyons un monde s’écrouler sous nos yeux, un monde dans lequel les inégalités se creusent, partout, dans lequel les pays riches vivent aux dépens des pays pauvres et la croissance économique vit aux dépens de la planète toute entière », résume le politologue, critiquant la société de surconsommation. « Les scientifiques nous expliquent que, pour répondre au défi du réchauffement climatique, il va falloir revoir profondément notre manière de produire et de consommer, et commencer à nous interroger sérieusement sur nos véritables besoins. » Et de conclure sur une note qui invite à la réflexion : « Et si nous commencions à voir cela non pas comme une fatalité, celle d’un système en train de s’effondrer, mais comme une opportunité, celle d’un monde entier à réinventer ? »

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