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Coronavirus : pourquoi voit-on voler des « avions fantômes » ?

Avions qui volent à vide coronavirus

Si de nombreux vols sont annulés. D'autres avions continuent à voler... à vide. | © Unsplash / Jordan Sanchez

Environnement & Animaux

La situation semble absurde mais elle est pourtant bien réelle. Alors que les conséquences du coronavirus touchent de plein fouet les grandes compagnies aériennes, des avions sont forcés de décoller… à vide. 

 

Une chose est sûre, si vous souhaitez partir en vacances à bas prix, c’est le moment. L’épidémie mondiale de coronavirus est en train de faire s’effondrer les réservations à destination de l’Europe. Le virus COVID-19 pourrait même coûter entre 63 et 113 milliards de dollars au total au secteur, selon un communiqué de l’Association internationale du transport aérien, publié le 5 mars. 

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Si de nombreux vols sont annulés. D’autres avions continuent à voler… à vide. Une situation qui n’a pas manqué de faire réagir sur les réseaux, alors que de plus en plus de citoyens tentent d’adopter un comportement plus responsable vis-à-vis de leurs modes de vie et de transport. Mais pourquoi voit-on voler des « avions fantômes »?

Use-it-or-lose-it

Les compagnies aériennes sont en fait obligés de se conformer à la législation européenne. Aux États-Unis et en Europe, les compagnies bénéficient chacune de créneaux horaires bien spécifiques, ce qu’on appelle les « slots ». Pour pouvoir garder ces fameux créneaux, des règles européennes oblige les compagnies à effectuer au moins 80% des vols prévus sur leurs horaires. Auquel cas, ces « slots » sont redistribués. C’est ce qu’on appelle la loi du « use-it-or-lose-it ».

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Résultat ? Des milliers de litres de carburant sont brûlés quotidiennement pour… personne. Ces législations sont toujours d’actualité aujourd’hui, malgré les circonstances exceptionnelles. Les autorités ont donc commencé à réagir. Dès le début du mois de mars, l’Association internationale du transport aérien (IATA) a demandé une dérogation pour pouvoir contourner cette loi, mais celle-ci est toujours en attente d’une réponse.

En Grande-Bretagne, le ministre des Transports, Grant Shapps, a écrit jeudi dernier à Airport Coordination Limited (ACL, le leader mondial des coordinateurs de créneaux horaires dans les aéroports) pour leur demander de suspendre les règles pendant toute la durée de l’épidémie de coronavirus afin d’éviter de nouveaux dommages environnementaux et économiques.

« Je suis particulièrement préoccupé par le fait que, pour satisfaire à la règle des 80/20, les compagnies aériennes pourraient être obligées de faire voler des avions à très faible coefficient de remplissage, voire à vide, afin de conserver leurs créneaux horaires », a écrit le ministre anglais.« Un tel scénario n’est pas acceptable. Il n’est ni dans l’intérêt de l’industrie, ni des passagers ou de l’environnement et doit être évité ».

Selon Le Figaro, cette réglementation européenne peut être suspendue sous certaines conditions, notamment pour des « circonstances imprévisibles et irrésistibles ». Cependant, rares sont les fois où des assouplissements  ont été accordés. Trois cas avaient notamment débouché à de telles mesures : le SRAS au début du siècle, les attentats du 11 Septembre et la crise de 2008.

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