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La diversité des cultures pourrait sauver la biodiversité et atténuer les effets du changement climatique

La diversité des cultures pourrait sauver la biodiversité et atténuer les effets du changement climatique

Diversifier son agriculture serait une bonne chose pour la biodiversité. | © Unsplash / Henry Be

Environnement & Animaux

La diversification des exploitations agricoles aurait de nombreux avantages, comme protéger la faune et la flore, mais également lutter contrer le changement climatique.

 

Selon une nouvelle étude de l’Université de Stanford, l’agriculture pourrait aider à lutter contre le réchauffement climatique. Les chercheurs ont constaté que les exploitations agricoles où diverses cultures étaient plantées protégeaient mieux la faune et à la flore avoisinante. Cette méthode permettrait aux animaux et à la végétation de mieux résister face au changement climatique, contrairement à la monoculture qui domine l’industrie agricole actuelle.

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Cette étude, publiée dans la revue Nature, a analysé sur le long terme la manière dont les pratiques agricoles affectaient la biodiversité des oiseaux au Costa Rica. Jeffrey Smith, co-auteur de l’étude, explique que « les fermes qui sont bonnes pour les oiseaux sont également bonnes pour d’autres espèces ». L’équipe a constaté que de manière générale, les fermes diversifiées sont plus stables en ce qui concerne le nombre d’oiseaux qu’elles abritent, et qu’elles les protègent beaucoup plus efficacement contre les effets du changement climatique que les fermes à culture unique.

« Cette étude montre que le changement climatique a déjà eu des répercussions sur les communautés d’animaux sauvages, qu’il continue d’en avoir, et que les pratiques agricoles locales sont réellement importantes pour protéger la biodiversité et renforcer la résistance au climat », a déclaré Nick Hendershot, auteur principal de l’étude.

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Menaces sous les tropiques

Les régions tropicales sont parmi les plus riches en espèces au monde, mais elles sont également confrontées aux plus grandes menaces pour la biodiversité. Leurs forêts sont abattues pour y planter des cultures de bananes ou de canne à sucre, ce qui diminue considérablement la quantité et la disponibilité des habitats naturels. De plus, le changement climatique a entraîné des saisons sèches plus longues et plus chaudes, ce qui rend la survie des espèces encore plus difficile.

La diversité des cultures pourrait sauver la biodiversité et atténuer les effets du changement climatique
Le Costa Rica. © Pexels / Jose Acevedo

« Les tropiques devraient souffrir encore plus intensément en termes de saisons sèches prolongées, de chaleur extrême et de dépérissement des forêts sous l’effet du changement climatique », confirme Gretchen Daily, auteure principale de l’étude. « Mais les fermes diversifiées offrent un refuge – elles peuvent amortir ces effets néfastes de manière similaire à un écosystème forestier naturel. »

C’est la première fois qu’une étude a pu analyser l’impact des pratiques agricoles sur la biodiversité à long terme. Les chercheurs ont utilisé près de 20 ans de données de terrain pour comparer quels oiseaux vivent dans les forêts tropicales naturelles, dans les exploitations agricoles diversifiées et dans les fermes de monoculture.

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Des solutions existent

Étonnamment, les chercheurs ont découvert que les terres agricoles diversifiées ne servent pas seulement de refuge à des espèces d’oiseaux communes, mais qu’elles protègent également certaines des plus menacées. Les espèces dont la conservation est préoccupante au niveau international, comme le Grand Ara vert et l’Amazone à nuque d’or, sont en danger au Costa Rica en raison de la perte d’habitat et du commerce illégal d’animaux de compagnie. Dans les zones de monoculture intensive, ces espèces sont en déclin contrairement aux systèmes diversifiés où on les retrouve année après année.

L’Amazone à nuque d'or
L’Amazone à nuque d’or. © Flickr / Ryanacandee

Au Costa Rica et dans le monde entier, les chercheurs voient des possibilités de développer des systèmes agricoles diversifiés qui favorisent non seulement la productivité des cultures, mais aussi la biodiversité. Selon les chercheurs, il faudrait changer notre manière de cultiver. « Les bananes et le café sont deux excellents exemples du Costa Rica : ils sont plantés ensemble, et le plus grand bananier fait de l’ombre au grain de café sensible à la température. Les deux cultures ensemble offrent plus de possibilités d’habitat que l’une d’entre elles seule, et elles fournissent également une source de revenus diversifiée pour l’agriculteur », précise Gretchen Daily.

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