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Pendant ce temps-là, un trou dans la couche d’ozone s’est formé au-dessus du pôle Nord, le plus grand jamais observé à cet endroit

Couche d'ozone au pole nord

Le phénomène arrive une fois par décennie. | © Jonathan Ybema/Unsplash

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Si le phénomène est courant au pôle Sud, il l’est beaucoup moins au-dessus du pôle Nord.

 

Un trou s’est formé dans la couche d’ozone au-dessus du pôle Nord. Ce phénomène remarquable, qui ne s’est produit qu’en 1997 et 2011, a de plus produit cette fois le plus grand trou jamais observé au-dessus du pôle Nord, annonce mardi l’Institut royal météorologique (IRM). La présence du trou dans la couche d’ozone au-dessus du pôle Sud est un phénomène annuel, commençant en août pour disparaître en novembre. Mais la présence d’un tel trou au-dessus du pôle Nord est en revanche assez rare, puisqu’il ne semble survenir qu’approximativement une fois par décennie (les précédentes remontent à 1997 et 2011).

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Et alors que le trou observé en 2019 au-dessus du pôle Sud avait été l’un des plus petits en 30 ans, celui qui s’est formé au-dessus du pôle Nord semble être le plus large des trois jamais observés. « Bien que ces deux phénomènes ne soient pas liés, ils se développent via le même processus », explique l’IRM.

La faute aux aérosols, pesticides et autres solvants

Les trous dans la couche d’ozone sont provoqués par les chlorofluorocarbures, ou CFC, émis dans l’atmosphère pendant des décennies via l’utilisation d’aérosols, réfrigérants, pesticides et autres solvants, désormais interdits par le Protocole de Montréal, adopté en 1987.

Ces CFC ont atteint la stratosphère, une couche de l’atmosphère qui s’étend d’environ 10 à 50 km au-dessus de la surface terrestre. Mais ces gaz ont une très longue durée de vie (plus de 100 ans pour certains) et continuent à affecter la couche d’ozone, notre « protection solaire », qui retient une majeure partie du rayonnement UV solaire, dangereux pour l’homme.

Pour l’heure, les températures observées au-dessus du pôle Nord, à environ 20 km d’altitude, atteignent des valeurs minimales record et le vortex polaire est exceptionnellement fort. Avec des températures très basses, les CFC forment, avec les rares traces d’eau présente là-haut (sous forme de glace ou de vapeur), des nuages nacrés, explique l’IRM. Lorsque la lumière du soleil atteint ces nuages, les CFC présents vont pouvoir casser les molécules d’ozone de manière très active, car cette réaction chimique nécessite une exposition aux rayons UV solaires.

Actuellement, « bien que la lumière printanière du soleil soit de retour au-dessus du pôle Nord, des nuages nacrés sont toujours observés au niveau du vortex polaire. Cette situation exceptionnelle provoque la présence d’un trou dans la couche d’ozone », poursuit l’IRM. Dans les semaines qui viennent, la lumière du soleil va réchauffer la stratosphère au-dessus du pôle Nord, ce qui fera disparaître les nuages nacrés et laissera le trou dans la couche d’ozone se résorber de lui-même.

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C’est une situation inverse à ce que l’on constate aujourd’hui au-dessus du pôle Nord qui s’est déroulée l’an dernier au-dessus du pôle Sud. En septembre 2019, les températures observées à environ 20 km d’altitude au-dessus du Pôle Sud étaient en effet 16°C plus élevées que la moyenne de ces 40 dernières années, soit environ -90°C. Cela eut pour conséquence d’affaiblir le vortex polaire, résultant en un trou de la couche d’ozone au pôle Sud beaucoup plus petit que ceux précédemment observés.

Avec Belga

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