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Pairi Daiza : « Le parc est presque un être vivant, la vie continue malgré le confinement »

Pairi Daiza : « On ne voudrait surtout pas que les humains puissent leur transmettre le Covid-19 »

Avec un patrimoine génétique très proche du nôtre, les grands singes sont potentiellement plus en danger. | © Philippe HUGUEN / AFP

Environnement & Animaux

Chaque jour de fermeture coûte 100 000 euros à Pairi Daiza pour entretenir le parc. Alors que l’ouverture a été décalée d’un mois, les responsables veulent rester optimistes.

 

Alors que les règles de confinement ont été rallongées de deux semaines, la Belgique est à l’arrêt. Peu de professions ont encore le droit d’exercer, et les pertes économiques s’annoncent déjà monstrueuses. Alors que certaines activités peuvent s’arrêter sur simple demande, d’autres sont obligés de continuer à travailler. C’est notamment le cas des parcs animaliers qui malgré leur fermeture doivent continuer à s’occuper du bien-être de leurs animaux. « Pairi Daiza c’est presque un être vivant puisqu’il y a 7 000 animaux à nourrir, et qu’il y a les jardins à entretenir. Donc c’est sûr que la vie continue malgré le confinement », nous confie Claire Gilissen, porte-parole du parc animalier.

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Ce n’est pas parce que les grilles sont fermées que les employés ne s’activent pas. Entre les différents soins à apporter aux animaux, et l’entretien de la végétation du parc, la situation n’est pas au beau fixe pour Pairi Daiza. « À ce jour, quelque 300 employés du Jardin, toutes équipes confondues, sont au chômage partiel ou complet. Actuellement, près de 100 000 euros sont dépensés chaque jour, sans qu’il ne soit possible de les compenser par la moindre recette, pour maintenir tout simplement en vie le Jardin des Mondes, c’est-à-dire soigner et nourrir les animaux, mais aussi, préserver le patrimoine botanique du parc et ses bâtiments », explique en toute franchise Eric Domb, le président-fondateur, sur Facebook.

Chers amis, voici quelques mots que tient à vous adresser Éric Domb. À vous toutes et tous. Au nom de toutes les équipes…

Publiée par Pairi Daiza sur Jeudi 26 mars 2020

« Comme dans toutes les entreprises, on a dû prendre des mesures de télétravail, parfois du chômage temporaire pour quelques personnes », nous confirme Claire Gilissen. Mais comment faire du télétravail quand on doit nourrir des animaux ? Pour gérer au mieux la situation, le parc mise sur l’organisation des équipes « pour qu’elles puissent toujours assurer les soins nécessaires aux animaux et aux plantes ». Dans le respect des mesures de précautions, les besoins des animaux et des végétaux passent avant tout.

Les grands singes, potentiellement plus en danger

Des mesures supplémentaires ont été prises pour faire face à l’épidémie du coronavirus. « On prend toujours bien soin de nos animaux, mais on le fait avec des mesures supplémentaires », précise Claire Gilissen. Masques, gants, désinfection des chaussures… ces précautions sont prises toute l’année pour ne pas infecter les propriétaires des lieux, et en particulier les grands singes, comme les gorilles ou les orangs-outans. « Leur patrimoine génétique est très proche du nôtre, donc on est super prudent. On ne voudrait surtout pas que les humains puissent leur transmettre », affirme Claire Gilissen, bien que l’on ne sache pas encore très bien si les humains peuvent transmettre le virus aux animaux. Vendredi dernier, pour la première fois dans le monde, une femme a transmis le coronavirus à son chat. Une situation qui reste extrêmement rare.

Leur patrimoine génétique est très proche du nôtre, donc on est super prudent. On ne voudrait surtout pas que les humains puissent leur transmettre.
« Leur patrimoine génétique est très proche du nôtre, donc on est super prudent. On ne voudrait surtout pas que les humains puissent leur transmettre. » © BELGA PHOTO HANDOUT PAIRA DAIZA – HERMANN VOLLMER

« On n’a pas attendu le Covid-19 pour le faire, toute l’année on protège beaucoup plus nos primates de toutes les petites maladies, bactéries et virus que les êtres humains pourraient porter, que les soigneurs pourraient avoir. On préfère être super prudents et ne pas mettre leurs vies en danger. » Avant d’aller sur leur « territoire », les soigneurs doivent notamment désinfecter leurs chaussures « pour ne pas amener des bactéries et des virus ». Le parc animalier a toujours été très attentif et vigilant à ses pensionnaires, et en particulier aux primates.

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Face à cette situation complexe et inédite, le parc reste confiant. « On reste serein et optimiste, mais c’est sûr que c’est une période difficile pour tout le monde », confirme Claire Gilissen. Tous les jours, des messages de soutien affluent pour encourager le personnel du parc. Une attention qui touche profondément toute l’équipe. « Merci, merci de tout cœur, devant cette situation qui nous plonge dans l’inconnu, de nous exprimer chaque jour votre attachement. Vos mots de réconfort nous sont si précieux… », peut-on lire sur la page Facebook. Bien que le parc souffre de problèmes économiques, il appelle à aider les secteurs qui sont le plus dans le besoin. « Si notre situation est difficile et s’aggrave au fil des jours, nous pensons qu’il est d’autres endroits où ce coût du maintien de la vie est plus important encore, où l’urgence est plus criante. Vous les connaissez : ce sont les hôpitaux où des milliers de soignants se dévouent corps et âmes pour sauver des vies, mais aussi les structures aidant les personnes fragilisées financièrement ou isolées. N’oublions pas non plus les refuges animaliers qui continuent de recueillir chiens et chats errants, abandonnés ou confiés et qui voient fondre leurs moyens de subsistance, faute de pouvoir accueillir pour l’instant un public désireux d’adopter leurs protégés. Toutes ces institutions, comme tant d’autres, ont besoin prioritairement de notre aide et de la vôtre aujourd’hui. »

Chers amis,Jour après jour, sur cette page Facebook comme sur d’autres, par mail, par téléphone, vous êtes de plus en…

Publiée par Pairi Daiza sur Lundi 30 mars 2020

Pour aider Pairi Daiza, le meilleur moyen restera encore d’y retourner une fois le confinement terminé. « Venez nombreux pour nous aider à nous relever. Et nous voulons croire qu’ainsi tout ira bien », appellent les équipes du parc sur Facebook.

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