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Dans 30 ans, l’Arctique pourrait perdre sa couverture de glace chaque été

couverture de glace de l'Arctique

La glace de mer arctique d'été disparaîtra aussi occasionnellement, même avant 2050. | © Annie Spratt/Unsplash

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L’efficacité des mesures de protection du climat déterminera la fréquence et la durée de ces évènements.

 

La banquise continue de fondre, malgré la baisse de CO2, à en croire lundi une vaste étude internationale à laquelle a participé l’UCLouvain. L’Arctique couvert de glace en été pourrait donc être de l’histoire ancienne d’ici 2050. La diminution des émissions de CO2, actuellement observée avec la crise du coronavirus, n’est en effet pas suffisante pour inverser la tendance. La fonte de la banquise pourrait toutefois ralentir si des politiques climatiques ambitieuses sont mises en place au niveau mondial.

Des mesures vraiment efficaces sont nécessaires

L’Arctique ne sera plus couvert de glace en été d’ici 2050, du moins temporairement. L’efficacité des mesures de protection du climat déterminera la fréquence et la durée de ces évènements, selon les résultats de cette étude publiée dans la revue scientifique Geophysical Research Letters et à laquelle ont participé 21 instituts de recherche du monde entier, dont le Centre de recherches sur la Terre et le climat Georges Lemaître de l’UCLouvain. Sur base de 40 modèles climatiques différents, les scientifiques ont examiné l’évolution future de la couverture de glace de mer arctique, dans un scénario où les émissions de CO2 seront élevées et la protection du climat faible. Elle disparaîtrait alors rapidement durant l’été.

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Cela ne veut pas pour autant dire qu’avec des émissions de CO2 réduites, comme observé actuellement avec la crise du coronavirus, la fonte de la banquise pourrait ralentir. Il apparaît en effet que la glace de mer arctique d’été disparaîtra aussi occasionnellement, même avant 2050 et y compris si les émissions de CO2 sont rapidement et substantiellement réduites et que le réchauffement climatique est maintenu en dessous de 2° par rapport aux niveaux préindustriels.

Actuellement, le pôle Nord est couvert de glace de mer toute l’année.

Si, actuellement, le pôle Nord est couvert de glace de mer toute l’année, chaque été, la superficie de la couverture de glace de mer diminue et, en hiver, croît à nouveau. En réponse au réchauffement climatique actuel, la superficie totale de l’océan Arctique couverte par la glace de mer a rapidement diminué au cours des dernières décennies. Cela affecte considérablement les écosystèmes et le climat de l’Arctique, étant donné que cette couverture garde ce territoire relativement froid en réfléchissant la lumière du soleil.

La fréquence à laquelle l’Arctique perdra sa couverture de glace de mer d’été à l’avenir dépend essentiellement des futures émissions de CO2. Si elles sont réduites rapidement, les années sans glace en été ne se produiront qu’occasionnellement et, si elles sont plus élevées, l’océan Arctique sera libre de glace la plupart du temps.

Avec Belga

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