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30 Millions d’Amis tire la sonnette d’alarme sur la vente des animaux de compagnie à un laboratoire

l'expérimentation animale

Un retour en arrière de plusieurs décennies... | © Pexels

Environnement & Animaux

Une mesure adoptée en mars dernier en France permettrait de vendre son animal de compagnie à un laboratoire selon l’association 30 Millions d’Amis. Ce qui serait une rétrogradation colossale dans le bien-être animal.

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Depuis le 17 mars dernier l’État français a modifié par un décret le Code rural et de la pêche maritime. Ce dernier réglemente notamment le recours aux animaux dans les laboratoires. Ainsi, il stipulait que les animaux de laboratoire doivent avoir été élevés à cette fin et provenir d’éleveurs ou de fournisseurs agréés. Il existait néanmoins plusieurs dérogations à la règle, notamment « lorsque la production des éleveurs agréés est insuffisante ou ne convient pas aux besoins spécifiques du projet ». Ce dernier point a été supprimé, élargissant ainsi les cas où une dérogation est envisageable.

Pour l’association 30 millions d’animaux, ce décret est « un bond de trente ans en arrière ». « Ce décret, c’est la porte ouverte au pire ! Élevages de chiens de chasse, particuliers, n’importe qui peut vendre son animal à un laboratoire », dénonce Christiane Laupie, du comité scientifique Pro anima. La modification du décret est d’autant plus surprenante lorsque l’on sait que 86% des Français sont contre l’expérimentation animale. L’ASBL 30 millions d’animaux a également peur que le décret puisse favoriser le trafic d’animaux. « Cela risque d’encourager un énorme trafic de chiens volés à leur maître pour être revendus à des laboratoires, comme c’était le cas jadis », s’inquiète l’association. Néanmoins, certains tentent de nuancer en affirmant que la modification du décret n’encourage pour autant pas la vente d’animaux de compagnie à des laboratoires. Ainsi, la Fondation Droit Animal juge que les conditions pour obtenir ladite dérogation n’étaient pas cumulatives mais alternatives. Par conséquent, selon eux, seule la justification scientifique constitue désormais une raison valable pour avoir recours à des animaux ne provenant pas d’élevages spécialement agréés. Le débat fait donc rage et le décret laisse part à l’interprétation…

En Belgique ?

Rappelons que depuis 2013, il est interdit de tester des produits cosmétiques ou leurs ingrédients sur les animaux en Europe. Néanmoins, énormément de progrès doivent encore être faits, 80% des pays dans le monde n’ont toujours pas mis un terme à cette pratique. En Belgique, selon Gaia, plus de 538 000 animaux sont utilisés dans les laboratoires chaque année. Un mal nécessaire selon certains, mais également dénoncé par d’autres qui rappellent que d’autres alternatives existent dans le domaine.

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