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Déjà en 1825, on alertait sur le dérèglement climatique et l’épuisement des ressources

Déjà en 1825, on alertait sur le dérèglement climatique et l'épuisement des ressources

« Je ne fais que confirmer des choses que l’on sait depuis tellement longtemps… », reconnait un chercheur français. | © Pixabay

Environnement & Animaux

C’est le moment de réagir, pour un chercheur au CNRS français.

Le réchauffement climatique ne date pas d’hier. Bien que certains scientifiques en parlent depuis de nombreuses années, on ne savait pas dire avec certitude depuis quand. Un chercheur du CNRS est remonté dans le temps et déclare à Ouest France que les conséquences de l’action humaine sur l’environnement préoccupaient déjà nos contemporains au siècle passé, et même celui d’avant !

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« J’ai retrouvé un livre de 1825, signé George Perkins Marsh. Un monsieur qui a vu la révolution industrielle se mettre en place. Il reconnaissait qu’elle était source de progrès, mais disait qu’elle ne pourrait pas durer, faute de ressources », explique Jérôme Fournier auprès du journal français. Passionné d’écologie, il cherche dans la littérature des auteurs qui se posaient déjà des questions quant à l’action de l’Homme sur la nature. Des mises en garde étaient déjà émises aux XIXe et XXe siècles. Un message qui n’a visiblement pas été assez entendu – ou du moins écouté –, ce qui laisse le scientifique quelque peu désabusé concernant l’utilité de son travail. « À quoi bon ? Je ne fais que confirmer des choses que l’on sait depuis tellement longtemps… », admet-t-il à Ouest France.

Une réaction trop tardive

Avec la révolution industrielle, certains observateurs voyaient déjà un danger pour la nature et l’environnement. « Dès le XIXe siècle, des gens prédisaient les changements en cours. En assurant que l’action de l’Homme ne pourrait pas être infinie. Que la croissance durable n’avait aucun sens. Que d’exploiter les ressources aurait une limite. Qu’à un moment donné, cela poserait des problèmes liés à notre environnement », confie le chercheur au journal régional. De nombreux scientifiques parlaient déjà de ces risques, comme George Perkins Marsh, John Muir, Jean-Jacques Audubon et Élisée Reclus ; mais également des philosophes et auteurs comme Arne Naess, Aldo Leopold, James Lovelock, Robert Hainard ou encore Roger Heim et Jean Dorst.

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Selon lui, la prise de conscience a été trop tardive, alors même que certaines personnes de la société civile mettaient en garde. « On a le sentiment que l’on a découvert récemment la plupart des problèmes environnementaux. Ce qui permet de dire que l’on ne pouvait pas agir puisque l’on ne savait pas. Tout cela est faux. » Et les chiffres actuels ne font pas plus optimistes. Selon les scientifiques, un tiers de toutes les espèces végétales et animales pourrait disparaître d’ici 50 ans à cause de l’action humaine direct ou indirect (réchauffement climatique).

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