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Le diable de Tasmanie réintroduit en Australie 3 000 ans après en avoir disparu

Le diable de Tasmanie réintroduit en Australie 3 000 ans après en avoir disparu

Un diable de Tasmanie à Pairi Daiza. | © Philippe HUGUEN / AFP

Environnement & Animaux

Leur population est passée de 150 000 individus à 25 000 à cause d’un cancer.

 

Alors qu’il en avaient disparu il y a trois mille ans, des diables de Tasmanie ont récemment été réintroduits en Australie continentale, selon l’association Aussie Ark, qui a révélé lundi que 26 individus avaient été libérés à quelque 200 kilomètres au nord de Sydney.

Cette opération fait partie d’un programme de conservation visant à préserver ce marsupial, dont il est estimé que 25 000 individus peuplent encore l’île de Tasmanie – territoire sur lequel il est le plus présent. En effet, les diables sont menacés sur l’île de Tasmanie par une grave forme de cancer contagieux. Avant l’apparition de cette dernière (dans les années 90), la population de cette espèce était estimée à environ 150 000 spécimens.

Le diable de Tasmanie réintroduit en Australie 3 000 ans après en avoir disparu
© Aussie Ark / AFP

« C’est comme un rêve », se réjouit le président d’Aussie Ark, Tim Faulkner, qui compare cette réintroduction à celle du loup dans le parc américain de Yellowstone, qui, selon les experts, avait entraîné nombre d’effets positifs. « Le plus grand prédateur indigène sur le continent est le chat marsupial à queue tachetée, qui pèse un peu plus d’un kilo. Ramener un prédateur de cette taille sur le continent, c’est quelque chose d’énorme. »

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Une réintroduction importante pour la restauration de l’environnement

Les diables de Tasmanie peuvent peser jusqu’à huit kilogrammes et peu nombreux sont les prédateurs déjà présents sur l’île-continent. Quarante spécimens devraient encore être introduits dans la nature australienne au cours des années à venir. « Les diables sont une des seules solutions naturelles pour le contrôle des populations de renards et de chats, responsables de la grande majorité des quarante extinctions d’espèces de mammifères en Australie », complète Tim Faulkner. « L’enjeu, ici, dépasse le diable de Tasmanie. »

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À cause de ce cancer, les diables de Tasmanie sont une espèce en danger d’extinction, précise Le Monde. Ce cancer contagieux se transmet par les morsures que s’infligent entre eux les diables, très agressifs et dotés de mâchoires puissantes, quand ils s’accouplent ou se battent. Les animaux meurent notamment de faim lorsque la tumeur atteint leur bouche, les empêchant de manger, précise encore le journal.

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