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La pêche non réglementée menace la sécurité alimentaire dans l’océan Indien

La pêche non réglementée menace la sécurité alimentaire dans l'océan Indien

La pêche non réglementée met en péril les sources de revenus de millions de personnes et la santé de l'écosystème. | © Tate Drucker / AFP

Environnement & Animaux

L’océan Indien abrite 14 % du total des poissons capturés dans le monde.

La pêche non réglementée dans l’océan Indien met en danger la vie sous-marine et, par extension, la sécurité alimentaire dans la région, selon une nouvelle étude publiée lundi par les ONG WWF et Trygg Mat Tracking (TMT). Pour la première fois, les deux organisations montrent précisément où, quand et comment la pêche non réglementée s’opère, ainsi que ses conséquences sur les espèces environnantes.

À l’inverse des pêches illégales et non déclarées, la pêche non réglementée survient là où il n’existe pas de cadre légal et n’est donc pas limitée par un quelconque système de gestion des ressources. L’océan Indien abrite quelques-unes des plus importantes pêcheries de la planète, représentant ainsi 14 % du total des poissons capturés dans le monde. Mais 70 % de ces ressources sont déjà exploitées au-delà des limites permettant leur durabilité, selon le rapport des ONG. En outre, l’accroissement de la pêche non réglementée – qui n’est pas prise en compte dans le calcul de la surexploitation – met en péril les sources de revenus de millions de personnes et, plus largement, la santé de l’écosystème.

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« L’absence de gestion durable aggrave la surpêche, un problème déjà répandu dans le monde entier », alerte Antonia Leroy, du Bureau de politique européenne du WWF, qui pointe des failles dans la réglementation de pêche au sein de l’océan Indien. Ces lacunes, expliquées dans le rapport, concernent tant les espèces pouvant être pêchées que les zones où il est permis d’exercer. Elles permettent ainsi à des compagnies de s’étendre rapidement, avec un haut risque d’exploitation future.

Des poissons qui se retrouvent dans nos assiettes

En 2017, près de 25 milliards d’euros de calamar et de seiche ont été importés en Europe, principalement depuis des pêcheries situées dans l’océan Indien. Ainsi, il est probable que des produits de la mer récoltés hors de tout cadre durable soient vendus sur les marchés internationaux, avant d’arriver dans les assiettes européennes.

En outre, la croissance rapide de la pêche non réglementée de calamars pose une menace directe non seulement à cette espèce, mais aussi à l’écosystème sous-marin dans lequel il évolue, notamment en tant que source de nourriture pour le thon. « Alors que la demande mondiale en fruits de mer augmente, il est impératif que ces lacunes soient comblées, faute de quoi nous courrons vers une déstabilisation des écosystèmes marins et des ressources qu’ils ont à offrir, dont dépendent beaucoup de personnes », prévient le directeur de TMT, Duncan Copeland.

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« En tant que premier marché mondial des produits de la mer, l’Union européenne doit faire appliquer des mesures de traçabilité ambitieuses pour empêcher l’entrée de produits non durables sur le marché », appelle Antonia Leroy. « Ces mesures garantiront la subsistance de pêcheurs honnêtes, apporteront de la crédibilité aux produits de la mer consommés dans l’UE et garantiront la santé de notre océan », conclut-elle.

Avec Belga

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