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Le « jour de dépassement » des ressources de la planète arrive chaque année plus tôt

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L’humanité aura consommé la totalité des ressources que la planète peut renouveler en un an le 2 août prochain. Elle vivra donc « à crédit » jusqu’au 31 décembre, indique mardi l’ONG Global Footprint Network, qui souligne que ce moment survient de plus en plus tôt chaque année.

 

Le mercredi 2 août marquera pour la Terre le « jour du dépassement » (« earth overshoot day » en anglais, ndlr). À partir de cette date, « nous vivrons à crédit », écrit Global Footprint dans un communiqué. Dans ses calculs, l’ONG tient compte de l’empreinte carbone, des ressources consommées pour la pêche, l’élevage, les cultures, la construction et l’utilisation d’eau.

L’an dernier, le « jour du dépassement » était survenu le 8 août. La date « avance inexorablement depuis les années 1970 », relève l’ONG. En 1970, l’échéance était tombée le 23 décembre. Depuis, elle n’a cessé d’avancer : 3 novembre en 1980, 13 octobre en 1990, 4 octobre en 2000, 3 septembre en 2005, 28 août en 2010. « Pour subvenir à nos besoins, il nous faut aujourd’hui l’équivalent de 1,7 planète par an », affirme Global Footprint.


Les émissions de CO2 représentent le plus important facteur de dépassement: elles comptent pour « 60% de notre empreinte écologique globale », souligne encore l’ONG, alors que la communauté internationale s’est engagée il y a deux ans à contenir le réchauffement climatique sous la barre des 2°C en insistant, notamment, sur la limitation des émissions de gaz à effet de serre. « Si on divise nos émissions par deux, le jour du dépassement pourrait avoir lieu 89 jours plus tard », ajoute Global Footprint, qui lance un appel à l’action pour faire reculer la date.

Des étudiants anversois découvrent la date

Dans la classe de géographie d’Anneleen Schrevens, à Anvers, on a pris le défi « Guess the Date » de l’ONG très au sérieux : ses élèves ont tenté de calculer la nouvelle date de « dépassement » à l’aide des données mises à disposition par Global Footprint – une manière de sensibiliser les étudiants de cette classe de rhéto, tout en les faisant travailler concrètement. Corneel Nyckees, Amélie van Roey et Helena van der Gucht sont les petits malins qui ont répondu correctement à la devinette climatique : « Nous avons conclu que déplacer la date un jour plus tôt qu’en 2016 faisait sens« , explique Corneel à l’association.

J’espère qu’on va avoir les ‘couilles’ de faire ce qu’il faut pour contrer le changement climatique.

S’il vient tous les jours à vélo à l’école et que sa famille consomme peu de viande depuis que son frère est devenu végétarien il y a trois ans, le garçon de 18 ans est conscient que les plus gros efforts restent encore à faire : « Il faut toujours 2,2 planètes pour supporter mon style de vie, à l’échelle globale ! », avoue-t-il. « Les politiciens empruntent typiquement la voie la plus facile plutôt que faire face aux problèmes et changer les choses. Mais j’espère qu’on va avoir les ‘couilles’ de faire ce qu’il faut pour contrer le changement climatique en particulier (…) Nous devons abandonner notre arrogance vis-à-vis de la Terre, et nous concentrer sur le fait de conserver ce qui nous reste », conclut-il, déterminé.

 

Avec Belga

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