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La Tunisie lance une police très spéciale pour lutter contre la prolifération des déchets

Jeter ses ordures en dehors des bennes et brûler ses déchets sera passible d'une contravention allant de 40 à 60 dinars (14,5 à 21 euros). | © AFP PHOTO / FETHI BELAID

Environnement & Animaux

Face à la prolifération des déchets, la police tunisienne de l’environnement veille au grain.

Gare à celui qui jettera sa canette par-dessus le trottoir ou à ceux-là qui laisseront s’envoler leurs emballages par la fenêtre, le gouvernement tunisien dégaine une toute nouvelle unité spéciale : une police environnementale.

Ce mardi 12 juin, la Tunisie a lancé sa police de l’environnement. En ville comme à la campagne, elle visera à combattre un seul et même fléau : la prolifération des déchets. La pollution s’étant nettement aggravée dans le pays depuis la révolution de 2011.

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Réveiller la « conscience environnementale »

Un fléau dû notamment à l’effacement des municipalités – dans l’attente des municipales prévues le 17 décembre prochain -, ainsi qu’à un manque d’équipements, de centres de traitement et de décharges, rapporte l’AFP sur les propos du ministre de l’Environnement Riadh Mouakher. Un manque tel que « les municipalités jettent parfois elles-mêmes leurs déchets au niveau des espaces publics », a regretté le ministre avant de souligner « l’absence de conscience (environnementale) chez les citoyens ».

Pendant un mois – « une période d’adaptation » – les nouveaux gardiens de l’environnement seront ainsi chargés de sensibiliser la population. Mais ce n’est qu’à la mi-juillet que commenceront les véritables hostilités.

© AFP PHOTO / FETHI BELAID

Vos papiers, s’il vous plaît

163 agents seront d’abord déployés dans 34 municipalités du Grand Tunis. Mi-juillet, 136 agents supplémentaires entreront en fonction dans 40 autres municipalités du pays. Dès lors, jeter ses ordures en dehors des bennes et brûler ses déchets sera passible d’une contravention allant de 40 à 60 dinars (14,5 à 21 euros). Les délits seront eux punis d’amendes allant de 300 à 1 000 dinars (109 à 363 euros), voire de prison en cas de mise en danger de la santé publique.

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D’après le ministre Mouakher, en finir avec le problème des déchets « prendra du temps » mais ces agents sont « un maillon de la chaîne », rapporte l’AFP. En mars, pour protéger la « diversité biologique » et mettre fin à la « pollution visuelle » selon les autorités, les sacs en plastique ont été interdits dans les supermarchés de Tunisie.

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