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En Sibérie, le changement climatique déchaîne des feux de forêts battant tous les records

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La fumée s'échappe des gigantesques incendies dans une forêt de Sibérie, le 27 juillet. | © Dimitar DILKOFF / AFP.

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Les feux qui ravagent chaque été la taïga ont augmenté en intensité ces trois dernières années, un phénomène que les experts comme M. Fiodorov imputent au changement climatique. « Les incendies actuels battent tous les records », s’inquiète Alexandre Issaïev, expert de la branche yakoute de l’Académie russe des sciences.

La Yakoutie, territoire peu peuplé mais vaste comme cinq fois la France, risque de devenir l’une des premières grandes victimes du réchauffement de la planète, prévient Alexandre Fiodorov, directeur adjoint de l’Institut Melnikov de Iakoutsk d’étude du pergélisol. Déjà, la température moyenne annuelle de cette région parmi les plus froides sur Terre a grimpé de 3°C, quand la planète dans son ensemble a vu sa température augmenter de 1°C depuis le début du XXe siècle. L’été 2021 a vu plusieurs journées records à 39°C.

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Et s’il est difficile de lier chaque incendie directement au changement climatique, la hausse globale des températures et la sécheresse qui l’accompagne les rendent plus probables et virulents, selon les experts.

« Nous n’avons pas assez de main-d’oeuvre ou de ressources pour ces feux »

Avec l’été le plus sec en 150 ans d’observations en Yakoutie, selon les autorités locales, les feux ont déjà ravagé 1,5 million d’hectares de forêt. À travers toute la Sibérie, les autorités ont dû faire appel à l’armée et ensemencer les nuages pour provoquer des pluies.

En Yakoutie, où résident moins d’un million de personnes, la majeure partie du travail incombe par contre à des pompiers épuisés et à des volontaires mal équipés. Nikita Andreïev, qui dirige le district iakoute de Gorny, a expliqué à l’AFP ne recevoir que six roubles (sept centimes) du budget fédéral pour chaque hectare de territoire, une somme dérisoire. Du coup, des dizaines d’incendies situés loin des zones habitées ne sont pas combattus. « Nous n’avons pas assez de main-d’oeuvre ou de ressources pour ces feux. Il est nécessaire d’allouer des financements », souligne M. Andreïev.

Selon l’Agence russe des forêts, plus de 11,5 millions d’hectares sont partis en fumée depuis le début de l’année, contre 8,9 millions de moyenne annuelle enregistrée depuis le début des années 2000.

De la Sibérie à l’Oural en passant par la Carélie, le pays est confronté à des « feux inhabituels », relève donc Grigori Kouksine de Greenpeace Russie qui y voit « clairement des effets du changement climatique ».

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Les feux rejettent en outre de larges quantités de dioxyde de carbone dans l’atmosphère et détruisent les arbres qui pourraient l’absorber. Autant de carburant pour le changement climatique. À terme, cela pourrait conduire à une fonte accélérée du permafrost (ou pergélisol), qui renferme lui-même deux fois plus de gaz à effet de serre que l’atmosphère. Une bombe à retardement. « Ce serait dangereux pour le monde entier », souligne Alexandre Fiodorov de l’Institut Melnikov.

Avec Belga

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